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 Enonciation CM

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Polyphile
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MessageSujet: Enonciation CM   Mar 30 Sep 2008 - 22:01

ENONCIATION



Pour télécharger le cours en version imprimable, cliquez ici!!!

30/09/08



Quelques lectures conseillées :

Benveniste, Problème de linguistique générale (2 tomes) :

Tome 1 :
- « La phrase nominale », pages 151 à 167
- « Être et avoir … », pages 187 à 207
- « La subjectivité dans le langage », pages 258 à 266
- « Philosophie analytique… », pages 267 à 276

Tome 2 :

- « Appareil formel de l’énonciation », pages 79 à 88
- « Langage et expérience humaine », pages 67 à 78
- « Transformation des catégories linguistiques », pages 126 à 136

Culioli, Pour une linguistique de l’énonciation (3 tomes)

Benveniste et Culioli ont travaillé sur la théorie de l’énonciation.



Enonciation : acte de production de l’énoncé.


Prenons une phrase quelconque :
« La porte est fermée »

Cette phrase est composée du groupe nominal « la porte » qui est le sujet de la phrase et du groupe verbal « est fermée » qui en est le prédicat.

On peut ainsi faire une analyse grammaticale et logique de chaque phrase existante. Elle peut être analysée indépendamment du contexte de production de cette phrase. Dans une situation réelle d’énonciation, la phrase ne renvoie pas à n’importe quoi. Elle renvoie à une situation : la phrase est dite à quelqu’un à un moment donné, il y a tout un contexte qui englobe cette phrase.
Toute phrase peut donc être analysée dans sa structure et ses éléments constitutifs ; on peut classer ces éléments dans des classes distributionnelles (adjectifs, noms, verbes, etc.) et chaque mot possède un sens. On peut par conséquent déterminer le sens des phrases ou des mots, la structure de la phrase, les classes distributionnelles indépendamment de la situation d’énonciation. Mais dans une situation réelle, la phrase prononcée (« la porte est fermée ») n’est pas analysée par l’allocutaire de façon logique ou grammaticale. Lorsqu’on produit un énoncé dans une certaine situation, l’énoncé a une signification pour soi selon la situation d’énonciation, c’est l’interprétation qu’on en fait lorsqu’on reçoit l’énoncé. Les énoncés ont des significations tandis que les mots et les phrases ont des sens.
Dans le langage, l’aspect subjectif est important car la situation d’énonciation est toujours variante.


Selon Benveniste, « je » et « tu » sont des termes vides qui ne prennent leur valeur que lors de l’énonciation.
En disant « je » on se pose comme le centre de son énonciation et on pose forcément l’autre, le « tu » en tant que celui qui est différent de moi.
La situation d’énonciation est concomitante avec l’énoncé, ils coïncident tous deux. Produire un énoncé, c’est agir et choisir des termes selon les relations à la situation d’énonciation dans laquelle on se trouve.
Il n’est pas d’énoncé qui ne soit pas subjectif.


Selon Benveniste, le temps désigne d’abord le temps physique (celui qui s’écoule) mais aussi le temps psychique (celui qui nous fait trouver quelque chose d’agréable très court et quelque chose de désagréable affreusement long : côté subjectif du temps), puis le temps chronologique, celui dans lequel les événements se succèdent et enfin, le temps linguistique, c’est le temps désigné par le passé, le présent et le futur dans la conjugaison (il viendra, il vient, il est venu, il venait). L’origine des différents temps, c’est le présent, ce temps qui fait que le passé et le futur existent, le présent c’est le moment de l’énonciation.


Dernière édition par Polyphile le Mar 21 Oct 2008 - 12:34, édité 1 fois
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Polyphile
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Sam 11 Oct 2008 - 21:10

CM 2 à télécharger ici

CM 3 de Caroline (merci à elle) à télécharger ici flower

CM 4 à télécharger ici study


Dernière édition par Polyphile le Mer 28 Oct 2009 - 10:54, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Ven 31 Oct 2008 - 19:16

Je prend la mise en place d'un cours le plus net possible en main ici ^^

Tout d'abord commençons, partiels obligent, par voir le résumé qu'a donné R.Kabore l'an dernier avant l'examen. Texte qui aux dires des étudiants nous précédant à été d'un secours miraculeux. Plutôt long parfois complexe mais très éclairant !

[se trouve dans le dossier anales sur agora]

L3F04 Cours 2007
(KSK)
Les étudiants sont invités à lire attentivement ce texte qui reprend, non pas tout le cours,mais pratiquement tout ce qui a été dit à propos de la théorie d’Antoine Culioli. Notamment, il reprend et au-delà, ce qui a été dit pendant la fermeture de Censier, dans les cours qui ont eu lieu à l’ILPGA. Ainsi, tous les étudiants, i.e. ceux qui ont assisté à ces cours comme ceux qui, pour quelque raison que ce soit, n’y ont pas assisté, ont le même cours.
Vous n’oublierez pas, par ailleurs, de travailler les textes de Benveniste (voir le programme indiqué, notamment Etre et avoir dans leurs fonctions linguistiques ; les transformations des catégories linguistiques ; l’appareil formel de l’énonciation ; de la subjectivité dans le langage ; la philosophie analytique et le langage) et ceux de Culioli (bribes d’un itinéraire ; La frontière ; le concept de notion).
L’examen porte sur tous ces textes et sur le cours de Kabore.
--------------------------------------------
Notion et constitution d’un énoncé


Notion, domaine, Intérieur, Extérieur, Frontière, Complémentaire

- Nous avons l’habitude de raisonner en « mots », parce que le mot semble voir une identité bien définie, bien déterminée ; il a de la matérialité, de la consistance. Le mot « table » renvoie à quelque chose qui se distingue de « chaise », de « fauteuil », de « maison », etc. Nous avons donc affaire, apparemment, à des mots aussi bien délimités que les réalités qu’ils représentent. Nous pouvons, par conséquent, avoir le sentiment que les mots sont des étiquettes que nous apposons sur les réalités et, en passant d’une langue à une autre, on remplacerait simplement les étiquettes par d’autres, sur les mêmes réalités. Ainsi, sur la même réalité, on collerait l’étiquette « livre » en français, « book » en anglais, et ainsi de suite. Or il n’en est rien, ou, en tout cas c’est, en grande partie, une illusion. Même lorsque les mots renvoient à des objets physiques de la nature, ni ces mots, ni les « objets » n’ont le même découpage ou la même organisation dans toutes les langues. Et lorsqu’il s’agit d’objets construits par l’homme, il est clair que l’organisation de ces réalités et celle des termes qui les désignent pourront varier beaucoup de langue à langue ; lorsqu’il s’agit de réalités sociales, historiques, culturelles, etc., les différences seront encore plus manifestes. Tous les termes pratiquement peuvent avoir des emplois dits abstraits, figurés, métaphoriques, etc. Or ce qu’on appelle connotations ce ne sont pas des fioritures : cela fait partie des valeurs du mot au même titre que ce qu’on appelle dénotations, et la distinction est souvent plus théorique que réelle.
- Lorsque nous employons un mot, nous nous rendons compte souvent qu’il entraîne avec lui d’autres mots de la même famille, et plus largement du même domaine (voir les thésaurus), des mots allant dans le même « sens » ou dans un sens opposé. Le mot apparaît donc comme le bout d’un écheveau, ou, pour prendre une autre figure, comme un portemanteau sur lequel s’accrochent bien d’autres mots. Ainsi, le mot « guerre », par exemple, pourra évoquer, entraîner ou « activer », selon le cas, au cours du discours, ceux de soldats, armées, armement, combat, terreur, résistance, souffrance, blessures, mort, misère, exode, armistice, victoire, défaite, pourparlers, traités, paix, etc. C’est donc un leurre que de croire que le langage fonctionne par mots aux sens nettement délimités, chaque mot étant totalement isolé des autres et renvoyant à des réalités tout aussi bien isolées les unes des autres.

Représentations de niveaux 1, 2, 3

- Ainsi, s’il est vrai que nous utilisons des mots, ils renvoient à des notions ; leur simple emploi crée un domaine notionnel. Les notions sont des représentations construites à partir de notre expérience. Dans notre expérience quotidienne, depuis l’enfance, nous rencontrons des objets, des êtres, des situations, des comportements, des actions, etc., nous éprouvons des sentiments (l’affect fait partie des réalités de notre expérience) ; ces réalités donnent lieu à un premier niveau de représentation dans notre esprit. Mais le linguiste n’a pas accès à ces représentations de niveau 1. Le langage, à son tour, est une représentation de ce que nous avons dans l’esprit ; nous avons accès à ce niveau 2 de représentation, le niveau linguistique qui est donc un niveau de représentation de représentations. Mais nous ne pouvons pas dire qu’il y ait une équivalence terme à terme entre le niveau 1 et le niveau 2. Enfin, le linguiste construit à son tour un troisième niveau de représentation, le niveau métalinguistique, qui est une représentation du niveau 2, (du niveau linguistique donc), c’est-à-dire qu’il construit un système de représentation métalinguistique pour essayer de comprendre, d’expliquer le fonctionnement de ce niveau 2.

Classes d’occurrences et occurrences typées

- Soit le mot « lion » en français. Il pourra faire penser à l’animal, il pourra symboliser la puissance, le courage, la majesté…, une partie de ces représentations variant de langue à langue. Ce n’est pas dans toutes les langues, par exemple, que le lion est le roi de la brousse. Nous n’avons pas une expérience directe de la notion. Ce dont nous avons l’expérience, les occurrences phénoménales donc, ce sont des occurrences spécifiques de lions, différents les uns des autres, par la taille, la puissance, l’allure, le comportement. A une notion correspond donc une classe ouverte d’occurrences typées. La classe est ouverte en ce sens que nous n’avons pas de dernier point, tant que nous restons à l’intérieur, nous ne pouvons pas dire « j’ai fait le tour de ce qu’on peut appeler lion et désormais, rien de ce que je pourrais rencontrer ne saurait plus être appelé lion » ; les occurrences de la classe sont typées, en ce sens que si malgré le fait que les propriétés des occurrences sont toujours différentes les unes des autres, nous pouvons dire « ça c’est un lion, ça c’est un lion, ça c’est encore un lion, etc. », c’est que nous faisons abstraction des propriétés différentielles pour ne considérer que ce qui est typique.

Intérieur, extérieur, frontière, complémentaire

- Une notion implique toujours, à la fois, un intérieur et un extérieur. Parler de logement, c’est souvent parler aussi, sinon davantage, des difficultés de logement, du manque de logements, des sans-abri, des marchands de sommeil, des expulsions, des associations comme le DAL,…. Parler de grandeur implique aussi de parler de la « non-grandeur », quel que soit le sens qu’on puisse donner à ce dernier terme. Parler d’« autosuffisance alimentaire » implique la part positive (autosuffisance), mais aussi la part négative, le manque ou l’absence totale d’autosuffisance et les cas limites. Nous avons donc affaire à l’intérieur du domaine où les occurrences ont vraiment la propriété P (celle dont il s’agit), un extérieur où les occurrences ont des propriétés qui ne sont vraiment pas P . Entre les deux, on a la frontière avec des occurrences dont les propriétés ne sont pas vraiment P (c’est donc une zone d’approximation, qu’on s’approche ou qu’on s’éloigne de P, zone éventuellement de polémique).
- Le complémentaire implique qu’on procède à une fermeture, c’est-à-dire qu’à un moment donné, on pourra se dire, « ça, ce n’est plus un chien, ce n’est assurément pas un chien ou simplement, ce n’est pas ce que j’appellerais un chien, etc. ». Par rapport à l’intérieur, on considérera alors que le complémentaire est composé de la frontière (pas vraiment P) et de l’extérieur (vraiment pas P). Par rapport à l’extérieur, le complémentaire sera la frontière (pas vraiment la propriété extérieure) et l’intérieur (vraiment pas l’extérieur). Il faut dire cependant que quand on parle d’intérieur/extérieur, on pense souvent à des couples privilégiés tels que blanc/noir, faire/défaire, mais cela est très réducteur (voir ce qui est dit de la maison kabyle). Le complémentaire, toujours présent, peut se manifester donc par la négation : par rapport à P, il y a toujours non-P, étant entendu que non-P est extrêmement complexe, puisqu’il peut renvoyer à ce qui est strictement l’opposé de P (faire/défaire, blanc/noir, coudre/découdre), ou à tout ce qui n’est pas vraiment ou pas du tout P (vivre/mourir, vivoter ; secourir quelqu’un/ne pas le secourir, c’est-à-dire, selon le cas, ne rien faire du tout pour l’aider, tout faire pour qu’il ne s’en sorte pas, faire quelque chose tout en sachant que ça ne l’aidera pas vraiment, etc., faire quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec le secours, …). Le complémentaire se manifeste aussi nettement, par exemple, dans l’interrogation (« tu viens »/ou « tu ne viens pas ? »), quelles que soient les implications de l’énoncé interrogatif (cf. en latin ne, num, nonne). Il y a des langues dans lesquelles au lieu de « tu viens ? », on dit quelque chose du type « tu viens ou bien ? tu viens ou pas » et le « ou bien ? ou pas ? » indique bien qu’il y a l’autre versant de l’alternative.
- On notera au passage qu’en français, dans la négation du type ne…pas, ne…point, ne…goutte, ne…mie, ne…rien, ne…personne, ce qui était au départ un nom complément (pas, point, goutte…) représente le dernier point (i.e. le minimum envisageable pour qu’on soit à l’intérieur du domaine) et le marqueur de négation ne indique que même ce minimum n’existe pas ; on passe donc à l’extérieur du domaine.

Occurrences, centre organisateur, centre attracteur

- Les occurrences d’une notion sont organisées autour d’un centre organisateur, c’est-à dire autour d’une valeur que l’on s’accorde à considérer comme ayant la propriété typique, la propriété véritablement P. Cela importe peu que ce centre organisateur soit représenté physiquement par un « objet » (comme le mètre étalon représentant la dix millionième partie du quart du méridien terrestre, matérialisé par un mètre en platine conservé à Paris) ou par un objet qui n’existe que dans l’esprit en tant qu’organisateur. Si l’on s’accorde pour dire que les animaux a, b, c sont des chiens, c’est qu’on a une idée de ce qu’est typiquement un chien.
- Ce centre est aussi un centre attracteur en ce sens que dès qu’une occurrence a le minimum de propriété P permettant de la rattacher à la notion, alors elle a pleinement la propriété P, c’est-à-dire que cela est ramené à la notion-type, et pourra, selon le cas, renvoyer à la la valeur par excellence (cf. les expressions du type : c’est quelque chose comme…, some chicken, some neck ; some bed).
- D’un autre côté, on peut construire un gradient : du fait qu’on a un centre organisateur avec la propriété vraiment P, on peut envisager que l’on approche plus ou moins de cette propriété ou qu’on s’en éloigne (un peu P, presque P, pratiquement P, assez P, tout à fait P, vraiment P, parfaitement P, très P, extrêmement P ; on notera que ces deux dernières expressions, de par leur étymologie, indiquent que l’on balaie à travers le centre, très venant de trans, qu’on a la propriété P de bout en bout, comme si, pratiquement, on sortait du domaine, extrêmement étant un superlatif du comparatif exterior).

Classe d’occurrences et opérations de détermination

- La notion, avons-nous dit, implique une classe d’occurrences typées. Parmi les propriétés des termes, nous avons celles de discret, compact, dense. Dans le discret, le caractère QNT (quantitatif) est prépondérant ; on peut exhiber un élément, on peut énumérer (un livre, deux livres, un homme, trois hommes, etc.) ; dans le compact, on a affaire à du QLT (qualitatif) ; si l’on envisage une occurrence, ce ne sera pas de l’énumérable, mais du qualitatif : une ruse de Sioux, une beauté d’ange, une impression de calme ; le dense est un mixte, un intermédiaire : ni QNT, ni QLT n’est prépondérant. Quand on a affaire à du QNT dans le dense, cela correspond à un prélèvement ; l’énumération se fait par des dénombreurs de fragmentation : une bouteille de lait, trois verres de bière, etc.
- L’indéfini correspond à un prélèvement (ou extraction s’il s’agit de discret) d’une occurrence de la classe, occurrence liée à une situation singulière : j’ai rencontré un homme sur la route, ce matin.
- Lorsque ce qui est dit vaut pour toute occurrence quelconque (i.e. quelle qu’elle soit) et toute situation quelle qu’elle soit, on a affaire à du parcours et à du générique : un homme ne doit jamais se plaindre. On notera que la valeur de la détermination se calcule en tenant compte du marqueur nominal et aussi du marqueur du prédicat et éventuellement d’autres marqueurs tels les adverbes (j’ai rencontré ce matin par opposition à ne doit jamais). Le parcours signifie que l’on passe en revue toutes les occurrences de la classe en considérant que ce qui est dit est valable pour toute occurrence ou toutes les occurrences : tout homme est mortel ; tous les hommes sont mortels.
- Le fléchage signifie que l’on a affaire à une première occurrence d’un terme, puis à une seconde occurrence, les deux s’identifiant l’une à l’autre : Le livre est enfin arrivé. Le fléchage peut être contextuel : J’ai rencontré un homme et une femme sur la route, ce matin ; l’homme portait un chapeau-melon tandis que la femme portait un foulard rouge.
Le fléchage peut aussi être situationnel, mais alors il dépend d’un préconstruit ; ainsi on ne pourrait dire le chat a encore déchiré le rideau que si la situation est telle qu’on puisse préconstruire :
il y a un chat dans la maison et il y a un rideau au salon (par exemple).
- On notera que dans les constructions circulaires du type : un sou est un sou, un âne, c’est un âne, il parle pour parler, pour parler il parle, un chien chien, etc. on a affaire à des termes qui renvoient d’un côté à des occurrences singulières et de l’autre à la notion-type.


suite dessous

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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Ven 31 Oct 2008 - 19:16

Propriétés primitives et relations primitives

- Nous venons de voir que parmi les propriétés, il y a celles de discret, dense, compact. Quel que soit le terme, quelle que soit la notion donc, un certain nombre de propriétés dites primitives lui sont associées. Soit le terme loup. Nous savons, de par notre expérience et de par notre culture, qu’un loup a telles et telles propriétés que nous dirons primitives (ex. sauvage, carnivore, etc.) ; un agneau a telles et telles propriétés (ex. herbivore, sans défense, doux, etc.).
- Du fait même des propriétés liées aux notions, elles sont prises dans des réseaux de relations primitives les unes avec les autres (relation de contenant-contenu, d’affinités, de sympathie, d’appétence, de haine). Si nous associons les termes loup et herbe, nous savons qu’il s’établit des relations que nous dirons primitives qui ne sont pas les mêmes qu’entre agneau et herbe. De même, on n’a pas les mêmes relations primitives entre loup et agneau qu’entre chèvre et agneau, entre chat et chien qu’entre chien et poule, chat et souris, etc. Ces propriétés et ces relations primitives, nous les partageons, en partie en tant qu’êtres humains et en partie en tant que locuteurs de la même langue ou participant à la même culture ; ce sont des propriétés et des relations physico-culturelles.
- Ces propriétés et ces relations primitives déterminent des relations d’ordre. C’est-à-dire, que lorsque nous choisissons les termes de chat et de souris, par exemple, nous posons d’emblée en général que le chat sera la source de ce qui va arriver (nous disons qu’il sera le terme a : le chasseur, le tueur, le mangeur, …) et la souris sera le but de ce qui va arriver (nous disons qu’elle sera le terme b : le chassé, le tué, le mangé ) ; si nous choisissons argent et poche, par exemple, poche sera la source a, à savoir, le contenant tandis que argent sera le but b, dans la relation contenant/contenu.

Constitution d’un énoncé : lexis, orientation, repère constitutif, situations

- Un énoncé n’est pas une phrase. Il est le résultat d’une construction, par un énonciateur, dans une situation d’énonciation particulière, pour un co-énonciateur.
La constitution d’un énoncé se fait en relation avec un schéma dit schéma de lexis : < ξ0, ξ1, π > qui signifie que nous avons une relation binaire entre ξ0, et ξ1 par l’intermédiaire du relateur ou prédicat π. Ensuite, nous choisissons des termes pour instancier les places du schéma, par exemple, respectivement loup, agneau, dévorer. Du fait des propriétés et des relations primitives d’ordre, on considérera, dans les situations habituelles, que le loup sera le terme source (ici le dévoreur) et l’agneau, le terme but (ici le dévoré).
- Nous avons alors une lexis (λ). La lexis n’est pas encore un énoncé. Elle correspond à un contenu possible, à du dicible (et non à du dit) ; elle pourra permettre d’engendrer une famille paraphrastique. Pour qu’il y ait énoncé, il faut que la lexis soit orientée par rapport à un terme de départ et par rapport à des situations.

- L’orientation consiste à choisir un terme de départ, terme par rapport auquel est orientée la relation prédicative. Si l’on choisit la source a comme terme de départ, on aura par exemple une orientation active. Si on choisit le terme but b comme terme de départ, on aura par exemple une orientation dite passive. C’est dire que l’orientation n’est pas un fait de surface, c’est le résultat d’une opération d’orientation qui est elle-même un choix de l’énonciateur ; en d’autres termes, c’est n’est pas le fait d’une manipulation de surface et on ne dit pas exactement la même chose si l’on construit un énoncé à l’actif ou un énoncé au passif.
- Nous venons de voir qu’on peut orienter la relation prédicative par rapport au terme source ou par rapport au terme but ; dans certaines langues, on pourra l’orienter par rapport à un terme de départ qui n’est ni a ni b ; ainsi en anglais on pourra dire I gave the book to John ; the book was given to John ; John was given a book. Il est des langues (ex. langues austronésiennes), dans lesquelles l’orientation peut se faire par rapport à une circonstance (de temps, de lieu, de manière), par rapport à bénéficiaire, à un instrument, etc.

Repère constitutif
- En plus du repère qui fonctionne comme terme de départ, nous avons aussi un repère constitutif, terme distingué autour duquel se constitue l’énoncé, parce qu’il a une valeur singulière pour la relation prédicative : Paul, son comportement est plutôt bizarre ; toi, je te vois venir avec tes gros sabots ; Moi, mon père, son vélo est complètement rouillé, etc. Comme on le voit par ce dernier exemple, on peut avoir plusieurs repères constitutifs. Lorsqu’on n’a qu’un terme de départ, c’est qu’en fait il joue à la fois le rôle de terme de départ et celui de repère constitutif : Paul est arrivé hier soir.

λ Sit
- La lexis est préassertée ; l’énoncé doit être asserté, il doit être pris en charge par un énonciateur. Le repérage par rapport à Sit0 (S0, T0) permet de déterminer les valeurs qui donneront des marqueurs de modalités et d’aspect.
La lexis va donc permettre de construire un énoncé pour référer à un événement qui est lié à une situation. Nous dirons donc que la lexis est située, repérée par rapport à une situation que nous appellerons Sit2 (S2, T2) dans laquelle S2 représentera généralement le sujet de l’énoncé et T2, l’espace-temps de l’événement auquel on réfère (quelque chose se passe quelque part-à un certain moment) : λ Sit2 (S2, T2). Mais, en définitive, tout énoncé est repéré par rapport à la situation-origine qui est la situation d’énonciation, à savoir Sit0 (S0, T0), dans laquelle S0, représente l’énonciateur-origine et T0 représente l’espace-temps origine ; ce qui donne donc <λ ∈ Sit2 (S2, T2)> ∈ Sit0 (S0, T0)>. Cependant, entre ces deux sit, il en est un qui n’apparaît pas toujours, mais qui en fait est toujours là, indispensable. En effet, dire "les vacances de Noël sont là" signifie, moi, énonciateur (S0), j’énonce en proférant mes propres paroles (je suis donc le locuteur) concernant un événement dont le sujet (S2,) est « les vacances » et le moment (T2) du procès être coïncide avec l’espace-temps (T0) de l’énonciation ; d’où la forme verbale de présent. Mais on sait que l’énonciateur peut, non pas proférer directement ses propres paroles, mais reprendre celles d’un autre locuteur (tu dis que…, il dit que…) ou celles que lui-même a proférées à un autre moment (j’ai dit que, je disais que…). C’est dire qu’il nous faut poser explicitement une situation de locution Sit1(S1, T1). Ainsi, la représentation générale sera :
<λ ∈ Sit2 (S2, T2)> ∈ < Sit1 (S1, T1)> ∈ Sit0 (S0, T0)>.

Valeurs du symbole de repérage ∈
∈ est le symbole de repérage entre les termes. Il peut avoir une valeur d’identification (=), de différence (≠) ou de rupture (ω) ; dans certains cas, ∈ pourra avoir une quatrième valeur, à savoir *, valeur qui soit n’est ni l’identification ni la différence, ou qui pourra être, selon le cas, soit l’une, soit l’autre, soit les deux (cf. « on » du français).
Les calculs sur les relations entre les différents Sit (y compris les S et les T) nous donneront des énoncés tels que : je fais mon devoir maintenant, je dis que je fais mon devoir maintenant, je disais que je faisais mon devoir alors, tu dis que tu fais ton devoir…, tu dis que je fais mon devoir…, il fait son devoir…, tu dis qu’il fait son devoir…

Voilà pour le texte de révision donné par Mr. Kabore, je l'ai repris tel quel dans sa totalité.
On va maintenant pouvoir poser les CM ^^

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Dernière édition par Will le Sam 13 Déc 2008 - 16:31, édité 1 fois
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MessageSujet: CM du 23 oct 07   Ven 31 Oct 2008 - 23:32

Yep!

Comme j'ai dit dans la partie "demande de cours", je vais mettre en ligne qq notes de CM et de TD de l'année passée; ça complètera! :-)
Ces notes-là viennent de Kat! ^^

Edit by Will
Yep yep c'est très gentil à toi ^^
Et comme j'avais dit que je m'y attellerais je le fais et vais donc me servir de ton cours pour compléter tout chat !

CM d'énonciation du 23 octobre 2007 - M. Kaboré

Rappel :

- production des énoncés vs situations d'énonciation

- On appelle taxinomie le fait de classifier, de faire des classes (c'est un acte très courant en fait).
Ex : en grammaire, dire « voilà les verbes » « ça c'est les noms et ça les adjectifs » est une taxinomie

- Il faut prendre en considération la différence entre phrase et énoncé. Pour qu'il y ait un énoncé il faut un locuteur et un allocutaire imposé par le locuteur, on peut y ajouter une non-personne.
La phrase est une suite de termes qui sont agencés selon les
règles de bonne formation qu'impose une langue donnée.
La phrase peut être hors-contexte. En revanche, l'énoncé ne peut pas être hors-contexte. Dans une phrase, on comprend juste les mots, mais pas leur signification, on ne peut donc pas interpréter.

Chacun dit quelque chose en tant qu'il est sujet, chacun interprète quelque chose en tant qu'il est sujet. Tout est donc dans la subjectivité.

Dans des situations de non-compréhension entre les personnes, on trouves souvent des justifications (telles que le bruit environnant ou la fatigue... ... .), mais il s'agit bien souvent du fait qu'il nous est impossible de concevoir le potentiel de non-compréhension qui peut être si vaste entre deux locuteurs d'une même langue. Le potentiel d'erreur d'interprétation est énorme dans le système. L'inter-compréhension est donc en ce sens un cas particulier d'ambiguïté.

La description linguistique consiste à mettre des étiquettes sur des termes (ce qui est certes utile mais peu profond). Aussi faut-il voir au delà des mots et du sens premier qu'on leur attribue. D'un locuteur à un autre le sens des mots varie, en dépendance de ses connaissances et expériences. Et si l'on transfert d'une langue à l'autre le même concept le mot qui s'y colle n'est sans doute pas le même, mais les sèmes non plus, puisque ils découlent de la culture et de l'expérience propre.

livre et book semblent référer au même concept. Cependant, les objets du monde ne sont pas regroupés et découpés de la même manière selon les langues.
En effet, il n'y a pas de correspondance totale entre les mots.
Ex : cousin (in english) = cousin/cousine.

Ex : en mooré, (langue Gur), pour exprimer les relations de fratries, on a un système différend de celui du français : on prend en considération l'âge relatif et non le sexe de la personne désignée : kiima : l'aîné(e). Yao : un cadet(te). En revanche il y a un lexème spécifique, qui exprime le membre de la fratrie de sexe opposé par rapport à celui qui énonce : tao. Si je suis un homme, cela désigne ma soeur, et inversement (l'âge n'est pas une information contenue dans ce lexème).

Ces découpages conceptuels sont-ils conscients ?

Pour les couleurs, le découpage en sept couleurs de l'arc-en-ciel est arbitraire (et/ou culturel), en effet, en mooré par exemple, ce qui désigne le vert et le bleu dans notre langue est regroupé sous une seule et même unité lexicale : kiiga. Les locuteurs de cette langue ne font donc pas la distinction car ce n'est pas significatif pour eux. (cf relation avec phono).
Le découpage des couleurs est donc différent selon les langues, ainsi nous voyons bien que les mots ne sont pas des étiquettes qui s'appliquent à des étiquettes préétablies. Le problème est que l'on raisonne souvent en mots et non en concepts.

Ex: Et tu appelles ça de la musique ?
En effet, certaines considèrent la tektonique ou le rap comme de la musique, d'autres pensent qu'il s'agit de bruit. Tout est donc soumis à la subjectivité des sujets.

La composante culturelle (à ne pas à négliger) :

On peut voir que les langues de culture chrétienne considèrent le pain comme l'aliment représentant la nourriture dans sa globalité (cf : la prière chrétienne « donnez-nous ...le pain... ») or cela réfère à la nourriture en générale.

Dans certaines langues africaines où l'alimentation de base est le riz, on va retrouver des choses comme : « mange ton riz » pour signifier "manger son repas entièrement" (fruits et viande inclus).
Le riz devant une église un samedi est indice qu'un mariage a eu lieu : sur un plan diachronique, lancer des grains de riz signifiait certainement l'espérance d'engendrer des enfants en abondance (fertilité et prospérité).Perso je le vois plus comme "mariage pluvieux mariage heureux" et ce serait donc un signe motivé mais bon... ^^'

Ainsi, il est réducteur de raisonner en terme de mots, on préfèrera donc raisonner en terme de notions.
Cf Culioli p 47 : le concept de notion ; p 67 : le domaine notionnel.
Ex : quand on énonce « lire », cela peut référer à beaucoup de choses : à quelque chose de sacré, à la bibliothèque, à la lecture, à l'écriture... Tout cela dépend de l'expérience, du vécu de chacun.

Le mot est en fait pris dans un réseau d'autres mots.
On parle de mot porte-manteau sur lequel on peut accrocher beaucoup de notions.

« Le chien (celui qui ressemble à un rat) est-il un chien ?» « Chienne de vie !»
On n'expérimente pas le fait d'être chien, mais on vit des occurrences qui nous amènent à établir notre propre notion de ce qu'est un chien.
On arrive à une notion au fur et à mesure des occurrences que l'on expérimente. Les expériences de la vie, d’objets, d’événements, de sentiments dans notre vie nous font apprendre les propriétés des choses que nous manipulons. Ces propriétés apprises intègrent alors les notions que nous avons d’un mot.
Les notions sont donc à la fois physiques, culturelles et personnelles elles ont donc toujours des propriétés physico-culturelles

(cf. l'évolution des sèmes au sein des concepts, vu en sémiologie L1)
Dans notre esprit nous avons des occurrences linguistiques qui renvoient à des notions qui renvoient à des occurrences phénoménales, appelées ainsi car elles nous apparaissent.


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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Dim 2 Nov 2008 - 16:35

(suite)
Notion typée : c'est la notion canonique, celle qui fait abstraction de toutes les différences.
On travaille toujours sur des notions typées en philosophie du langage. Pour les notions concrètes comme « chien » ou table », la notion typée est plutôt régulière pour chacun d'entre nous. En revanche, dès qu'il s'agit de notions abstraites, la frontière devient vite très floue.
Ex : tu appelles ça de l'art ?

Nous n'avons pas tous les mêmes frontières sémantiques ; tout dépend de ce qu'on l'on considère comme étant dans ou hors de la notion (d'où les polémiques).
Selon les cas, une personne va avoir un élément dans le cercle de la notion, et pour quelqu'un d'autre ça ne sera pas le cas.

Tant que nous avons une occurrence et que nous la ramenons au type, on reste à l’intérieur de la notion.
On parle de l'intériorité, de l'extériorité, et de la frontière.
Elle varie donc selon les sujets. (cf. texte repris dans le post d'avant)
On peut jouer avec ces frontières : effet de confusion de l'autre (rhétorique), ou simple mauvaise foi.

Cf : Culioli qui cite un passage du « canard enchaîné » de 1980.
ex : « je décline toute responsabilité à l'égard de ce texte que je n'ai ni écrit ni signé. »
Pour Peyrefitte, (garde des sceaux de l'époque), la notion de responsabilité se réduisait à l'écriture et/ou la signature du texte.
Or M. Chaban-Delmas (1er ministre de l'époque) rétorque que ce texte aurait très bien pu être dicté par Peyrefitte. La notion typée varie donc.

On peut également jouer sur la notion typée d'autres façons :

1/ on veut faire paraître la notion typée comme étant du domaine du banal au contraire d'autre chose :
ex : « ceci n'est pas un pneu » : « celui-ci n'adhère pas parfaitement à la route. »

2/Au contraire ici, on veut montrer que la notion typée est l'excellence même :
ex : « ça, c'est du pneu ! »

il faut appeler un chat, un chat !

Cours basé sur ceux de Polyphile :
(A noter l'étroite correspondance avec ce qu'on voit en TD... à se demander à quoi sert le découpage td/cm de ce cours :s )


Maintenant le cours va parler du futur et s’appuyer sur l’article de Benveniste dans Problèmes de linguistique générale,2,
« Transformation des catégories linguistiques ».


Quelles que soient nos convictions et nos certitudes, le futur ne se sait pas à l’avance. Il appartient au domaine de l’intention, de la prospective, de la visée.


Le futur dans diverses langues

En français, on utilise les terminaisons ai, as, a, ons, ez, ont qui sont en réalité les terminaisons du verbe avoir et nous utilisons aussi le verbe aller (« demain je vais voir mon frère »).
En anglais, on utilise des modaux tels que « will » et « shall ». Ces verbes ne sont pas, en soit, des verbes de futur. « Will » marque le désir, la volonté et « shall » marque le devoir.
(moment de gloire personnelle *_* )

Comment permettent-ils de rendre ce qui a trait à l’avenir ?

Le futur se marque par des éléments qui ne sont pas spécifiquement dédiés au futur. Les formes du futur (ai, as, a, ons, ez, ont) ne servent pas uniquement à renvoyer à l’avenir.
Prenons l’exemple du futur antérieur :
« S’il n’est pas venu aujourd’hui, c’est qu’il aura raté son train » Cela ne renvoie pas à l’avenir.

Le conditionnel est composé par les terminaisons du verbe avoir à l'imparfait, en quoi cette forme permet cela ?

Selon Benveniste, le verbe avoir dans la construction du futur (dans les langues romanes) est une forme qui vient du latin.
A la base un verbe comme legere donnait legam et amare donnait amabo, mais à A un certain moment s’est développée une autre construction de ces formes synthétiques en formes périphrastiques :
Infinitif + habere + indication de personne + indication de temps

A l’origine cette périphrase est née avec la troisième personne du singulier. Car au début ce n’était pas avec la forme au présent du verbe avoir que se construisait le futur.
Infinitif + habere + 3ème personne du singulier + imparfait

Cette forme fonctionnait avec des verbes au passif puis par la suite avec les déponents, les intransitifs et enfin les transitifs.
Ces formes-là sont nées pour rendre la notion de prédestination : peut importe les choix, tu es destiné de par une volonté supérieure à accomplir certaines choses (on peut citer l’histoire d’Œdipe comme exemple de destiné).
Ces constructions ont été faites par des théologiens qui voulaient marquer le fait que le Christ était prédestiné à faire/subir telle ou telle chose.

Explication de la tournure latine :

Verbe à l’infinitif = l’acte
La troisième personne du singulier = le Christ
Le passif = la prédestinée est quelque chose de subit

Par la suite, les verbes déponents (verbes à la forme passive mais avec une valeur active (comme nasci et pati)) sont entrés dans la tournure. A noter ici que pour le verbe nasci (naître) la valeur active est faible dans ma mesure où l’enfant est relativement passif lors de sa venue au monde. Par la suite les verbes intransitifs (exire) puis les verbes transitifs ont intégrés cette construction. La progression est allée des moins actifs au plus actifs.
On passe de la valeur de prédestination à la valeur de futur, car la prédestination implique que l’action sera faite.

« Ce qu’il avait à faire, le Christ le ferait » Conditionnel
« Ce qu’il a à faire, il le fera » Futur

La forme du français n’est pas de l’ordre de la prédestination mais il reste une obligation même s'il n’y a plus l’insinuation d’une force supérieure...

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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Dim 2 Nov 2008 - 20:38

(suite)

Le parfait

Le parfait désigne exactement le passé composé, seulement le terme "parfait" -utilisé par Benveniste- et très précis et préférable pour un linguiste car il renvoie à la valeur du temps (commune à diverses langues). Tandis que le terme "passé composé" appartient à la grammaire traditionnelle, et ne renvoie qu'à la forme de la conjugaison or son équivalent en d'autres langues n'est pas forcément de forme composée.
Pour le parfait on a aussi une forme synthétique :
amavi, levi (pour les verbes amare et legere)

Mais par la suite, on construit aussi une forme périphrastique qui se forme avec :
Passé du verbe (amatum, lectum) + habere

La différence c’est que la forme synthétique n’a plus de relation avec le moment de l’énonciation alors que la forme périphrastique si.
En français, la forme synthétique correspond au passé simple et la forme périphrastique correspond au passé composé.

Nous avons vu que le futur dans les langues romanes, de forme synthétique, provient de l'évolution d'une forme composée / périphrastique en latin.On a le même phénomène concernant le passé en latin :
à partir d'une forme périphrastique va se développer peu à peu une forme concurrente synthétique. Comme on obtient donc des doublons, ces deux formes vont de différencier au niveau de leur valeur.

passé unique = 1 forme // 2 valeurs ==> passé double = 2 formes // 2 valeurs

(pour illustrer ce point, on peut considérer la distinction entre prétérit et present perfect en anglais.)

Si l'on reprend le futur en français :
nous avons déjà dit que la forme périphrastique des théologiens latins est à l'origine du verbe avoir « suffixé » en français, même si la valeur de fatalité s'est estompée.

En français, on recense trois emplois du verbe avoir :
--> AVOIR + objet : j'ai un chat
--> AVOIR + participe passé : j'ai mangé
--> infinitif + AVOIR : je mangerai
On peut y voir trois verbes différents, mais Beneveniste y voit toujours une valeur de possession.
En effet, quand on dit « j'ai mangé », cela sous-entend «  je dispose d'une expérience acquise, puisque cet acte est accompli » de même, « j'ai à faire » signifie « je dispose d'une perspective abstraite, d'un but »

AVOIR SERAIT-IL DONC UN VERBE D'ETAT ?

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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Dim 2 Nov 2008 - 22:11

CM d'énonciation du 30/10/07 - M. Kaboré (notes de moi, cette fois ^^)

Un mot est toujours pris dans un réseau au sein d'une langue.
Le mot (la notion) "riz" n'est pas pris dans le même réseau dans la langue française que dans une langue asiatique, par ex.

ETRE

_ En français, être + participe passé
Si je passe dans une autre langue, que fais-je?
Je ne peux plus faire [être + participe passé]:
-> pas forcément de verbe être
-> être pas forcément auxilliaire
-> pas forcément de participe passé
-> pas forcément de temps composé
-> etc.

_ Cette feuille est à côté de celle-là
Je la localise.
Au téléphone portable:
"où es-tu?"
"je suis à côté de Censier"
-> on ne peut pas dire "je suis là", on répond en permettant à l'autre de nous repérer par rapport au connu.

_ C'est un stylo.
On situe l'objet stylo par rapport à une notion définie (la notion "stylo")-> être permet de localiser le stylo dans la catégorie stylo.

_ Valeurs de être
être: terme métalinguistique abstrait

X être Y
ETRE -> = égal
-> C inclusion
-> ∈ appartenance


Toutes ces notions sont regroupées dans un seul signe dit epsilon et noté dans la théorie de l'énonciation de Culioli.

Lorsqu'on a à faire à , on a à faire à un élément qui est repéré et à un élément qui est repère.

X Y

X est repéré par rapport à Y.

Dans certaines langues on pourra dire plutôt:

Y [ à l'envers] X

Par rapport à Y est repéré X.

[le à l'envers] est appelé epsilon dual ou epsilon miroir.

ex: mihi est pecunia (en latin)
argent être localisé moi

moi avoir argent


(dès que je trouve comment faire un epsilon miroir, je l'ajouterai...)

Dans ce dernier ex, pas de localisation mais une relation S/O.

Le repère est une notion abstraite. Il s'agit de définir la relation entre les choses.
Nous avons toujours à faire à du repérage.

PAR

Je suis rentrée par la porte.
Une idée lui est passée par la tête.

PAR: contruction de localisation
mais aussi:
La lettre a été écrite par Paul.
Le verre a été cassé par Jean.

Par: passivation.

Dans nos exemples, on situe un état (verre cassé, lettre écrite...) par rapport à l'acteur (actif/passif) de l'action (Paul ou Jean).
Donc c'est encore une localisation!

En latin, le "par" est rendu par a/ab.
Mais a/ab, c'est aussi la provenance.
ex. ab Roma = de Rome [je viens]

accepti litteras a Patre (de mon père, ablatif)
double sens: écrite par/ remise pour...?

Dans les deux cas, forme de repérage.
En grec, apo = par
En anglais, par = by
by peut aussi permettre la localisation spatiale (ex. by my side)

Tous ces mots introduisent des marques de repérage. "Par" est un marqueur de repérage (comme apo, by, a/ab...).

Idem pour les propositions

ex.
je te frappe pour qu'il s'arrête.
je te frappe = P1
il s'arrête = P2

je te vois parce que tu le veux.
je te vois = P1
tu le veux = P2

P1 P2
pour que
parce que


On situe P1 par rapport à P2.
"pour que" et "parce que" sont des marqueurs de repérage.

Question Et quoi pour des phrases comme:

Pour travailler, il travaille!

On situe "il travaille" par rapport à "travailler".
Il travaille beaucoup plus que "travailler"; on prend cette notion de travailler et, par rapport à elle, on dit qu'il travaille => il travaille 2x plus!
Cette phrase a une construction circulaire.
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Lun 1 Déc 2008 - 21:46

Voici le sujet que M. Kaboré a donné pour le partiel de l'année dernière :



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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mar 2 Déc 2008 - 13:44

Salut belladon !

Un grand merci pour avoir mis le partiel de l'année dernière.

Si tu as gardé tes notes sur le cours de Culioli, et si tu as un peu de temps, prière de les poster sur le forum.

A bientôt

Sonia
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mar 9 Déc 2008 - 21:24

Bonsoir à tous,

Le partiel étant mardi prochain, ce serait top de metre tos le reste des cours d'énonciation ici. Pour ma part mes cours ne sont vraiment pas bon, il me serait très utile de tot retrouvé ici.

Par avance merci
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mar 9 Déc 2008 - 22:36

CM6 à choper ici de withoutend (qu'on remercie bien au passage!)

Pour ce qui est des autres CM je n'ai pas pu (moi et mes deux autres collaborateurs) m'y rendre donc le résumé de M. Kabore devrait suffire comme notre déesse Culfinwen me l'a confirmé (ce qui ne dispense pas de lire les textes et de bosser ses cours....)...
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mar 9 Déc 2008 - 23:03

Voici la correction (plus ou moins complète) du partiel de l'année dernière :



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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mar 9 Déc 2008 - 23:36

merci!!
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Maximilien Guérin
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MessageSujet: Re: Enonciation CM   Mer 9 Juin 2010 - 22:34

LE VENDREDI 11 JUIN 2010, De 15h à 16h30, EN SALLE ROUSSELOT,

MONSIEUR KABORE SERA A LA DISPOSITION DES ETUDIANTS QUI PASSENT LE RATTRAPAGE LYO50R (Linguistique africaine) et/ou L3F34R (Enonciation) et qui auraient des questions à poser.
CE SERA UNIQUEMENT POUR REPONDRE AUX QUESTIONS QUE LES ETUDIANTS AURAIENT À POSER.

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