AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Enonciation TD [O. GUERIN]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Loucy
Consultant(e)


Nombre de messages : 56
Age : 28
Localisation : Le Perreux (94)
Cursus : L2
Date d'inscription : 04/10/2007

MessageSujet: Enonciation TD [O. GUERIN]   Dim 5 Oct 2008 - 22:11

Lectures recommandées

BENVENISTE, Problème de linguistique générale.

MAINGUENEAU, L’énonciation en linguistique française.

En linguistique structurale, on ne se sert pas du contexte, on travaille sur des phrases hors contexte. L’énoncé linguistique est interprété grâce au contexte lui.
(Voir bulle de BD).

I. De l’opposition langue - parole à la distinction langue - discours.

1. La linguistique structurale et le rejet de l’énonciation.


SAUSSURE distingue la langue : système linguistique qui est partagé par un groupe social (relève du collectif), de la parole qui est une utilisation personnelle du système : de la langue (relève donc de l’individuel).

Selon SAUSSURE, l’objet de la linguistique est la langue par exclusion de la parole. Il souhaitait fonder une science et il faut du général, du systématique pour cela.

La linguistique doit donc travailler sur des faits partagés, donc sur le système.

Tout le structuralisme issu de SAUSSURE est fondé sur l’exclusion de la parole.

Unité sur laquelle on travaille : la phrase.

La phrase du linguiste est une entité abstraite. Elles n’ont pas été produites dans des situations naturellement.

Elles servent à mettre en lumière les règles structurales / constitutives du système.

Phrase : suite linguistique répondant à des règles de bonne formation. Un locuteur dans une situation particulière.
Ex : « Je suis fatiguée » : elle trouve différentes réalisations et donc fait différents énoncés. (Je peux le dire pendant un cours "oula ce cours est long, je suis fatiguée, puis le soir mon copain peut me dire "j'ai eu une longue journée, je suis fatigué" : 2 réalisations différentes, 2 énoncés différents)

La linguistique structurale travaille sur les phrases tandis que la linguistique énonciative travaille sur des énoncés.

« Le ciel est bleu » : énoncé

Il y a autant d’énonciations (= chaque acte de prononciation d’énoncés) que d’énoncés.

Enonciation : acte individuel d’utilisation de la langue.

Enoncé : objet linguistique qui résulte de cette utilisation de la langue par un locuteur particulier.

Une énonciation est toujours construite dans une situation particulière et a des paramètres particuliers.

Paramètres :

- Locuteur
- Allocutaire (personne à qui l’on s’adresse : < al = ad : vers)
- Référence (cause de l'énonciation)
- Moment particulier
- Lieu particulier

Enonciation : « L’énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue dans un acte individuel d’utilisation ». BENVENISTE

Un locuteur utilise la langue dans un acte individuel => on est dans l’étude de la parole selon SAUSSURE.

Selon SAUSSURE, il faut travailler sur des éléments stables et donc sur des généralités. Il rejette l’étude des énoncés.

2. La distinction langue – discours chez BENVENISTE.

La distinction est remise en question dans les années 1960. C’est le moment de l’essor de la sociolinguistique. Elle travaille sur des sous-groupes et non sur du général.

On remet en question la proéminence du système général.

BENVENISTE pense que le langage ne se distingue pas entre langue et parole, car tout n’est pas individuel. L’énonciation n’est pas seulement individuelle. Il y a des faits généraux dans le processus de l’énonciation => Il y a un système de l’énonciation que l’on va pouvoir décrire scientifiquement.

La « parole » peut devenir un élément de l’énonciation.

BENVENISTE (1902-1976) travaillait dans la linguistique comparée, notamment le lexique indo-européen. La linguistique historique.
Puis il a fondé la théorie énonciative.

Il remplace la distinction de langue – parole par langue – discours et montre qu’il n’y a pas d’opposition nette, ils se nourrissent plutôt sans cesse l’un de l’autre.

Quand un locuteur parle, il utilise la langue et la CONVERTIT en discours.

« L’énonciation suppose la conversion individuelle de la langue en discours. » BENVENISTE.

Discours : la langue en tant qu’assumée par l’Homme qui la parle.

Le locuteur introduit sa présence, sa subjectivité dans la langue (ex : structures exclamatives.)

Dans cette perspective, l’objet d’étude est la langue + le discours.
La linguistique énonciative travaille sur le discours.

3. Définition du champ d’étude de la linguistique énonciative.

Elle étudie cette mise en exercice du système, càd la manière dont les locuteurs font vivre le système pour en faire du discours.

Mais il est difficile d’étudier l’énonciation elle-même.

Le linguiste ne travaille pas sur l’énonciation mais sur des traces. On travaille sur les traces formelles qui renvoient à l’acte de production de l’énoncé.

Marques linguistiques de la subjectivité :

- Pronoms de 1re personne
- Exclamations
- Interjections
- Marque de croyance « je crois que »
- …

Elle ne s’intéresse pas au sens littéral des énoncés, elle étudie les formes qui dépendent de l’acte de l’énonciation.

II. L’appareil formel de l’énonciation.

BENVENISTE cherche à répertorier les grandes catégories de marques formelles, il recense donc les marques spécifiques de l'énonciation.
Ex : les pronoms, les relations de temps dans le verbe français …

Réflexibilité de la langue : le fait que le langage se reflète lui-même.

Le mot « mot » reflète le langage.
Le dictionnaire a un emploi réflexif du langage.
La grammaire est un langage réflexif.
Il existe des mots qui réfléchissent l’énonciation, on a des termes de la langue qui renvoient à la mise en fonctionnement de la langue.
« Je » renvoie à la personne en train de dire « je » : il renvoie à l’activité d’énonciation.


BENVENISTE veut dresser l’appareil formel de l’énonciation : l’ensemble des formes linguistiques de l’énonciation (ces mots réflexifs).


BENVENISTE appelle la 3e personne la non-personne.

Texte de BENVENISTE issu de « l’Appareil Formel de l’énonciation », in Problèmes de Linguistiques Générales,Tome 2. (p81-85)

PLAN DU TEXTE

I. Les paramètres de l'énonciation

1. Locuteur (s'approprie la langue)
2. Allocutaire (est implanté, justifie l'énonciation)
3. La référence (la relation entre langue et monde extra linguistique, la cause de l'énonciation)
- Moment de l’énonciation
- Lieu de l’énonciation (font parti du monde extra linguistique)

II. Les formes linguistiques

1. Indices de personnes

- Pronoms personnels
Les nominaux renvoient toujours et seulement à des concepts ils sont définissables sans contexte, par opposition aux représentants qui eux renvoient toujours et seulement à des "individus", qu'il s'agisse de personnes, de moments, de lieux (...). Or leur statut tient au fait qu'ils naissent d'une énonciation, qu'ils sont produits par cet évènement individuel(...).Ils sont engendrés à chaque fois qu'une énonciation est proférée, et chaque fois ils désignennt à neuf.
"Je, tu, nous(je+tu), vous(tu+tu)" sont représentants
"il, ils, nous(je+ils), vous(tu+ils)" sont nominaux
à noté que les parties en italique proviennent de l'étude de Benveniste, mais j'ai un doute quant à la répartition des pronoms dedans et surtout au découpage de nous/vous

- Possessifs
mon, ton - son


2. Indices d’ostension (et non ostentation !)

- Démonstratifs
Ce sont des termes qui impliquent généralement un geste désignant l'objet en même temps qu'est prononcée l'instance du terme.
ex : ce, ici, voici...


3. Les formes temporelles.

La temporalité est créée par et dans l'énonciation dans le sens où les formes temporelles se déterminent par rapport à l'EGO, centre de l'énonciation. (EGO : je au sens philosophique)
Les temps verbaux sont de forme axiale et le "présent" coïncide avec le moment de l'énonciation.
En a parte : Le présent est la source du temps car l'énonciation permet l'instauration du présent -l'Homme actualise le "maintenant"- et de la catégorie du présent nait la catégorie du temps.
« Ainsi l’énonciation est directement responsable de certaines classes de signes qu’elle promeut littéralement à l’existence. » BENVENISTE
réédité !
Revenir en haut Aller en bas
Loucy
Consultant(e)


Nombre de messages : 56
Age : 28
Localisation : Le Perreux (94)
Cursus : L2
Date d'inscription : 04/10/2007

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Jeu 9 Oct 2008 - 16:39

III Les deux grandes classes de signes

Les autonomes : ont dans la langue leur statut plein et permanent.
ex : table, voiture, poussette

les non-autonomes : émanant de l'énonciation n'existent que pour les individus au sein de la situation d'énonciation et par rapport à "l'ici et maintenant" de l'énonciateur.
ex : je, demain, celui-ci

Benveniste parle de signes indiciels, on trouvera aussi les termes de déictique, d'embrayeur (comme un embrayage). Ce sont des formes qui reflètent la situation d'énonciation.


IV Fonctions syntaxiques

Les modalités : formes ou structures syntaxiques qui expriment une prise de position du locuteur par rapport à l’allocutaire et/ou du locuteur par rapport au contenu de l’énoncé.

1. Les modalités d’énonciation

On utilise une modalité d'énonciation à chaque fois que l'on veut influencer l’allocutaire. On parle pour agir sur l’allocutaire (cf. discours argumentatif). Les modalités renvoient donc à l'énoncé, càd à un allocutaire.

3 types de phrases :

Assertion : C'est une double prise de position qui vise à communiquer une certitude. Premièrement elle présente l’énoncé comme certain pour le locuteur et secondement implique l'allocutaire d'accepter l’énoncé comme véridique. C’est ainsi la manifestation la plus commune de la présence du locuteur dans l’énoncé. On relève des formes de subjectivité (« oui », « non »).

Interrogation : Une énonciation qui est construite pour susciter une réponse. On entre dans une structure de dialogue. "Je" cherche à faire produire un autre type d’énonciation à "tu/vous".

Injonction : Demande à l’allocutaire de produire une action dans le monde. Phrase qui donne un ordre = phrase jussive = phrase impérative (dénomination erronée, on n’utilise pas forcément l’impératif « qu’il sorte » : subjonctif).

Une phrase est forcément soit assertive, soit interrogative, soit injonctive.

Une modalité d’énonciation revoie au partenaire de l’énonciation tandis qu’une modalité d’énoncé renvoie au contenu de l’énoncé.

2. Les modes verbaux

Il y a 6 modes en français : indicatif, subjonctif, impératif, participe, gérondif et infinitif.
Ils expriment aussi des prises de position.

L’impératif est typiquement le mode de l’injonction, il sert à faire agir l’allocutaire.

L’indicatif : mode des possibles et de ce qui est certain. Mode de ce qui appartient à l’univers de croyance du locuteur.

Le subjonctif : mode de ce qui est simplement probable. Mode de ce qui n’appartient pas à l’univers de croyance du locuteur. Mode de l’appréhension.

ex : Je sais qu’il viendra (Certitude) // Je souhaite qu’il vienne (Souhait).

3. Les modalités d’énoncé

Le locuteur prend position par rapport au contenu de l’énoncé.
On va évoquer le refus de l'assertion par des formes qui indiquent une incertitude, indécision, simple possibilité : toutes les formes qui modalisent, qui font varier.
ex : Peut-être, sans doute, probablement, il est possible que …

Il y a une diversité de modalités pour un même énoncé et une diversité de formes pour une même modalité.

Conclusion :

Quand on veut définir la situation d’énonciation qui correspond à un énoncé, on va se poser 4 questions :

- Qui parle ? => Locuteur
- A qui parle-t-il ? => Allocutaire
- Quand le locuteur parle-t-il ?
- Où ?

Catégorisation en 3 parties : Lieu, Temps, Personne. Les deux premières question servant à catégoriser la personne. Les modalités de l’énonciation et de l’énoncé font partis de la catégorisation de la personne.

La référence s'opère soit par déictique (contexte) soit par anaphore (co-texte).

réédité !
Revenir en haut Aller en bas
Polyphile
Aide active
Aide active


Nombre de messages : 122
Age : 27
Localisation : Antipodes
qq ch à dire ? : LA, CA
Cursus : M2 Documents Électroniques et Flux d'Information + M2 DIAPASON Handicap langagier, prévention, diagnostic, réhabilitation
Date d'inscription : 03/10/2007

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Dim 26 Oct 2008 - 20:24

TD1 de Mme Guérin du 29/10/08 (en partie pompé sur Loucy) à télécharger ici!!!! alien


TD2 de Mme Guérin du 06/10/08 (en partie pompé sur Loucy) à télécharger ici!!!! drunken


TD3 de Mme Guérin du 13/10/08 à télécharger ici!!!! rendeer

TD4 de M. Kabore du 20/10/08 à télécharger ici!!! bom

TD5 de M. Kabore du 27/10/08 à télécharger ici!!! bom


Dernière édition par Polyphile le Mar 28 Oct 2008 - 19:53, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Will
Admin
Admin


Nombre de messages : 358
qq ch à dire ? : CAR - PE - DI - EM !
Cursus : 2eme
Date d'inscription : 30/09/2006

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Jeu 30 Oct 2008 - 18:32

Je vais poser les cours oui ici même, mais je vais commencer par compléter un peu ceux de loucy ici présents et enchainer avec la suite... à la suite donc ^^ (car les cours de loucy sont supers je trouve ^^ )

statut des posts : Les cours posés sont tous "complétés"



III. Implication des théories énonciatives en grammaire

Les théories énonciatives ont révolutionnées la grammaire traditionnelle. Certaines questions de langues ne peuvent plus être étudiées sans les théories énonciatives.

Les pronoms personnel

Par exemple, selon la grammaire traditionnelle, les pronoms personnels forment une seule catégorie mais en fait ils ont deux fonctionnement : "je/tu" n'ont pas le même fonctionnement que "il".
"Je/tu" renvoient à des individus présents dans la situation d'énonciation. Alors que "il" renvoie à la « non-personne », quelqu'un qui n'est pas impliqué dans la situation d'énonciation, exclu du dialogue. Cela renvoie à un référent; d'un point de vue morphologique, il n'a pas de marque spécifique.

Les temps verbaux

Il faut se référer à la situation d'énonciation pour l'analyse.

Il y a deux grands catégories de temps:

- Les temps ancrés dans la situation d'énonciation → rapport avec T0
présent, passé-composé, futur proche...)
- Les temps coupés de la situation d'énonciation → sans rapport avec T0 (passé simple, passé antérieur...)
Attention : À l'intérieur d'un même temps verbal on peut avoir les deux catégories, par exemple avec le présent gnomique qui n'a pas de rapport avec T0.


Avec le présent de l'indicatif on pense donc avoir une valeur fixe, comme ayant de fait le présent pour un procès concomitant à T0 (centre de l'axe du temps), mais nous allons voir qu'il existe des emplois qui contredisent cette valeur.

1. Valeur de base
C'est un présent instantané, l'évènement du monde est à T0. On trouve cette valeur dans :

  • Présent instantané : Il apparait avec les verbes performatifs qui réalisent un acte par le langage, un acte de langage. Aussi peut-on dire que "le dire c'est le faire".
    ex : je vous déclare mari et femme, je te répudie...
    Il doit répondre à des conditions :
    - être à la première personne
    - être au présent

  • Présent actuel : Il déborde sur une portion plus ou moins grande de passé ou de futur.
    ex : "Là, je me balade..."


2. Valeurs particulières

  • Présent historique ou de narration : Il désigne un évènement passé, il apparait dans une narration au passé et sert à la mise en relief dans le récit mais reste coupé de la situation d'énonciation.

  • Présent d'anticipation : Il sert à marquer un évènement imminent, ou à dramatiser une situation hypothétique.
    ex : "Je descend à la prochaine." "Un pas de plus et je tire."

  • Présent omnitemporel : Est un présent temporel pour toute l'existence.
    ex : "Isabelle a les yeux bleus."

  • Présent gnomique : Désigne une chose vraie à travers toutes les époques, il apparait dans les vérités générales : sciences, proverbes.
    ex : "Deux et deux font quatre."




IV. Implication des théories énonciatives en analyse du discours

Analyse du discours : champ d'étude vaste qui relit la linguistique à d'autres sciences (sociologie,psychologie,philosophie...?).

Dans "Problèmes de linguistique générale", Benveniste introduit une distinction entre "Discours" et "Histoire".


On a deux plans d'énonciation; deux attitudes différentes du locuteur par rapport à son énoncé qui donnent lieu à deux fonctionnements énonciatifs différents d'un texte.

1. Énonciation de discours

Le locuteur prend en charge son énoncé. Il ancre son discours dans la situation d'énonciation (énoncé ancré/embrayé). Il s'agit d'un discours où on trouve beaucoup d'indices déictiques:
- à l'oral : situation d'interlocution = marques de parole de l'allocutaire et du locuteur
- à l'écrit : dans les textes très marqués par la subjectivité (journal intime par exemple) où il y a des emprunts d'indices déictiques.

2. Énonciation historique

Il s'agit d'un énoncé non-embrayé/coupé de la situation d'énonciation. Le locuteur prend une distance maximale par rapport à son énoncé. Il est peu marqué par la subjectivité et apparaît à l'écrit ou quand on raconte des faits passés (coupés du présent du locuteur) = livres d'Histoire, contes, romans, ouvrages scientifiques.
On trouvera des marques formelles de la troisième personne, des temps coupés de la situation d'énonciation et des indices temporels non-déictiques (repérage absolu ou co-textuel).

On peut donc analyser le discours, du fait que différents types de textes se dégagent de ces deux plans d'énonciation.

Conclusion :

Benveniste est un grand défricheur du domaine de l'énonciation, il a théorisé la notion de subjectivité dans le langage (De la subjectivité dans le langage, Benveniste), càd de l'implication du locuteur.
=> On a conscience d'être un sujet du monde que parce que l'on peut dire "je" .
Il a proposé une théorie générale des déictiques (La nature des pronoms). Après avoir analysé les temps verbaux, les marques de personnes et les indices de la situation d'énonciation.
Les successeurs de Benveniste ont essayé d'élargir ses théories dans d'autres langues et ont essayé d'étendre son étude énonciative à l'ensemble du langage (c'est le cas de Culioli qui travaille sur les opérations énonciatives) en passant à des modèles entièrement énonciatifs.
Voir: Relations de temps et L'homme dans le langage, Benveniste.



Voila pour les cours distribués par Mme Guérin, j'ai rajouté quelques petites choses au cours de Polyphile mais dans l'ensemble (et ca me rassure) nous avions le même. Smile
Cours de polyphile réédité by Will

_________________
kyo dake wa 今日だけは juste aujourd’hui
Okuru na 怒るな Ne te mets pas en colère
Shinpai suna 心配すな Ne te fais pas de souci
Kansha shite 感謝して Sois rempli de gratitude
Gyo wo hageme 行を励め Accomplis ton devoir
Hito ni shinsetsu ni 人に親切に Sois bienveillant

Revenir en haut Aller en bas
http://will-ilpga.naturalforum.net
Loucy
Consultant(e)


Nombre de messages : 56
Age : 28
Localisation : Le Perreux (94)
Cursus : L2
Date d'inscription : 04/10/2007

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Ven 31 Oct 2008 - 12:30

Merci il me manquait la suite ^^'
Revenir en haut Aller en bas
Will
Admin
Admin


Nombre de messages : 358
qq ch à dire ? : CAR - PE - DI - EM !
Cursus : 2eme
Date d'inscription : 30/09/2006

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Ven 31 Oct 2008 - 16:16

Ici débute le TD distribué par Mr Kabore.
(Je prends sur moi l'indexation du cours posé et ne garantit pas qu'il soit juste, il est là à titre indicatif.)

Rappelons les lectures (fortement) conseillées :

_ E. BENVENISTE, "Problème de linguistique générale" tome 1&2. qui vous servira pour tout votre cursus.
_ D. MAINGUENEAU, "L’énonciation en linguistique française" .


I°/ être et avoir dans leur fonction linguistique
(titre d'une étude de Benveniste)

Être et avoir sont les verbes les plus fréquents en Français.

1. Avoir, marque de l'hiatus

Le futur dans les langues romanes se construit avec l'infinitif + le présent d'avoir.
En Français et dans d'autres langues (Anglais, malgache) on peut aussi avoir le désir, l'intention marqué(e) par :
"aller"/"will"/"ho/ + Verbe principal
==> On tend vers quelque chose qu'on a pas (encore).
En Anglais, on utilise « shall » et « will ».

Les verbes qui indiquent le désir ou la volonté, selon les langues, s'emploieront même avec des objets inanimés pour exprimer leur futur:
ex : Le stylo va tomber.
==> Le stylo tend vers le fait de tomber.

Parfois ce ne sont des morphèmes qui servent à exprimer cette visée.
ex : en malgache le morphème "ho" qui indique le futur quand il est devant un verbe, désigne aussi une visée vers un point de l'espace et peut donc correspondre au verbe "aller" qui n'existe pas en tant que tel dans cette langue.
ho aiza izy = va-t-til?

Cela sert à exprimer le futur, la supputation, la visée, le souhait, la supposition, le conditionnel. Cela sert donc à exprimer vers quoi on tend, vers ce que l'on a pas au moment où on le dit.

Le futur n'est pas un temps mais une modalité qui indique le point de vue de l'énonciateur par rapport au procès.
Pour l'étudier il ne faut pas se contenter d'une langue en pensant ne trouver une forme du futur que dans celle-ci ou dans toutes.


2. Quand être existe

Benveniste est exemplaire dans sa façon de décrire les langues :
- Il décrit dans le détail les données qu'il possède.
- Ensuite lorsqu'il étudie un problème, il ne se contente pas de l'étudier uniquement dans la langue en question mais il le compare à d'autres langues.
- Il développe des théories

Être, c'est :
_ l'identification entre deux termes:
« Pierre est étudiant »
_ une localisation dans l'espace:
« Nous sommes ici »
_ l'existence (être quelque art à un moment donné):
« Je pense donc je suis », « Dieu est ».

Son utilité ne parait pas contestable pourtant il n'est pas nécessaire, de fait certaines langues ne disposent pas d'un verbe "être".
Par exemple "être" (identifieur) peut être remplacé par un vide :
"Paul médecin"

Les pronoms peuvent servir aussi d'identifieur comme le verbe "être", car le pronom partage des propriétés avec l'objet. Ces propriétés varient en fonction des langues : cas, nombre, genre, animé...
ex : en araméen, on utilise des pronoms: « hu » et « himmo » (lui et eux).
« Paul 'hu' médecin »

3. Nos auxiliaires

Etre et avoir fonctionnent en français comme auxiliaires, ils ont donc une spécificité.

a) être

Etre a une valeur d'identifieur, il renseigne aussi sur la localisation dans l'espace/le temps ou sur l'état.
Ce type de verbe identifieur est de fait assez rare dans les langues du monde, souvent remplacé par des phrases nominales (avec un "vide" ou un pronom).
On peut sans effort comprendre « Pierre lui médecin », comme on peut être dérouté d'entendre « Moi lui médecin ».
L’élément qui introduit la notion d’identification est un pronom à la troisième personne singulier ou pluriel. Il ne s’agit pas d’une homophonie entre les pronoms et le verbe être. Le pronom reste un pronom mais sert de marqueur d’identification, il est là pour représenter quelque chose dont il a reprit les propriétés.

Dans les langues à classe les propriétés du pronom influent sur tout les mots de la phrase :
« Ces hommes sont arrivés hier » masc. plur.
« Cette belle chaise est arrivée ce matin » fem.sing.

Pour marquer l'identification nous avons donc :
- un "vide"
- un pronom
- un démonstratif
- un verbe (qui ne partage pas forcément tout les aspects "d'être" : localisation par exemple)


b) avoir

Pour sa part, avoir marque la possession, il fonctionne aussi comme auxiliaire. Son sens lexical précis est celui de la possession, mais il peut être remplacé par la notion de présence/existence.
Comment le marqueur de la possession peut marcher comme auxiliaire dans le système verbal du Français (et Anglais, Allemand, etc.) ?

Avoir est un verbe transitif il suppose donc un « transit », donc une action, un passage de quelque chose à quelque chose d’autre.
Les constructions qui indiquent la possession se construisent plus souvent avec le verbe être de localisation :
ex : (page 198, §2)
« Livre est à Pierre » on parle de l’état du livre, état de l’étant
« Pierre a un livre » on parle de l’état de Pierre, état de l’ayant

Avoir est l’équivalent de « être à » mais inversé alors il n’est pas un verbe transitif c’est un verbe d’état car il indique un état. Avoir quelque chose c’est un état.
« J’ai soif » = « I am thirsty » = état

Quant au passé composé il vient de la forme périphrastique du parfait en latin (voir le CM3)


Ceci clos les cours du TD d'énonciation jusqu'au vacances de la toussaint
cheers
sur la base des cours de polyphile

_________________
kyo dake wa 今日だけは juste aujourd’hui
Okuru na 怒るな Ne te mets pas en colère
Shinpai suna 心配すな Ne te fais pas de souci
Kansha shite 感謝して Sois rempli de gratitude
Gyo wo hageme 行を励め Accomplis ton devoir
Hito ni shinsetsu ni 人に親切に Sois bienveillant

Revenir en haut Aller en bas
http://will-ilpga.naturalforum.net
Polyphile
Aide active
Aide active


Nombre de messages : 122
Age : 27
Localisation : Antipodes
qq ch à dire ? : LA, CA
Cursus : M2 Documents Électroniques et Flux d'Information + M2 DIAPASON Handicap langagier, prévention, diagnostic, réhabilitation
Date d'inscription : 03/10/2007

MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   Jeu 13 Nov 2008 - 18:28

Le TD6 du 10/11/08 est à choper ici!!

Par contre il me manque la définition des propriétés primitive, je n'ai pas entendu le prof à ce moment-là du cours!!


TD9 du 01-12-08 à télécharger ici!!


TD10 du 08/12/08 à télécharger ici!!
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Enonciation TD [O. GUERIN]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Enonciation TD [O. GUERIN]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» GUERIN, Nicolas-François
» Les hôpitaux psychiatriques : CH Henri Guerin à Pierrefeu du Var - Témoignage
» Qui vient d'où?
» Présentation : Cerise
» Aideeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum des Étudiants de l'ILPGA :: Sciences Du Langage :: Licence 2 - Semestre 3-
Sauter vers: