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 Cours d'introduction aux problèmes du FLE - Mme Fredet

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culfinwen
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MessageSujet: Cours d'introduction aux problèmes du FLE - Mme Fredet   Jeu 30 Oct 2008 - 18:19

Bonjour! ^^

Mme Fredet nous fait suivre par mail les notes de ces cours, seulement elle n'arrive pas à les mettre en ligne pour l'instant, alors je trouvais sympa de le faire ici.
Voici un copié/collé de son premier CM. :-)

FLE1/ CM1
VOUS AVEZ DIT FLE ?


Quelques problématiques de l’enseignement/ apprentissage du FL
(Mise au point des notions de base du domaine)

I. POURQUOI PARLE-T-ON DE FLE ?

I.1. Essais de définitions

FLE, expression qui fait aujourd’hui partie du vocabulaire universitaire français. Deux termes assez clairs, a priori. Leur association, assez inattendue, a donné naissance à un « être académique » curieux, auquel on a fait, progressivement, une place.

APPRENANTS
=> Le français est une langue étrangère pour ceux qui se l’approprient autrement que de façon native.
Mais ces personnes ont conscience d’apprendre le français et non le FLE, comme on apprend chez nous l’anglais ou l’italien et non pas l’anglais/ italien langue étrangère.
ENSEIGNANTS
=> Quant à ceux qui l’enseignent, s’ils sont francophones natifs, ce n’est pas une LE qu’ils enseignent, mais leur langue à des étrangers ; s’ils sont étrangers, ils sont dans le même cas que leurs élèves vis-à-vis de cette langue.

=> On voit par là que la langue française ne peut être le support objectif de la classification « d’étrangère », et qu’il ne peut dès lors que s’agir du type de relation que ceux qui l’apprennent et ceux qui l’enseignent entretiennent avec elle.

Mais qui sont ces apprenants ? de façon optimiste, on pourrait dire que tous les étrangers sont des apprenants potentiels de français , mais en réalité certains d’entre eux le sont plus que d’autres :
=> Des jeunes scolarisés dans des pays qui offrent le français comme choix disciplinaire ; des adultes volontaires qui éprouvent un désir ou des besoins linguistiques ou culturels particuliers. C’est à eux que l’on pense en premier lieu et c’est du type de public qu’ils représentent que rend compte l’histoire méthodologique de l’enseignement des langues étrangères dont relève celle du français ;
=> Mais ce sont aussi, et peut-être surtout, ceux qui vivent dans des pays où le français est aujourd’hui présent pour des raisons historiques et politiques.

REMARQUE : C’est de ces deux types de public qu’est née, dans les années soixante, la discipline appelée FLE.

I.2 LE FLE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

=> le français, langue d’apprentissage pour tous ceux qui ont une autre langue que le français comme LM.
=> Le FLE peut aussi être la langue dans laquelle un étudiant non francophone suivra ses études (c’est le cas, p. ex. de l’enseignement scientifique au Maroc, le cas de certains d’entre vous ici).
=> FLE, expression apparue en 1957 en couverture de la revue Les cahiers pédagogiques, André Reboullet.

Depuis les années ’70, l’enseignement/ apprentissage du FLE a fait couler bcp d’encre, aussi bien en « laboratoire » que sur le terrain.
FLE - un champ disciplinaire qui s’est constitué lentement depuis une 30-aine d’années, uni par
- un enjeu commun : la diffusion de la langue et de l a culture françaises, avec ses
- acteurs qui luttent pour leurs positions, son

- administration centrale,
- sa logique de comportements,
- ses instruments d’actions : les manuels d’enseignement du FLE, ses revues de référence, ses collections d’ouvrages

L’usage du sigle FLE se généralise et, depuis 1983, le FLE est aussi un :

=> domaine universitaire propre, avec ses diplômes nationaux de 2e et 3e cycles, et évidemment, ses emplois spécifiques. Il concerne plusieurs milliers d’étudiants chaque année, français comme étrangers. Des centres de recherche officiels existent.
=> Le FLE s’impose comme une discipline à part entière, avec ses hypothèses théoriques, ses propositions méthodologiques, ses orientations pédagogiques (cf. Dictionnaire de didactique des langues, de Galisson et Coste), ses polémiques ;
=> Le FLE est une discipline multiforme diversement pratiquée sur tous les continents :
(ACTEURS/ENSEIGNANTS)

Entre un lecteur français exerçant dans une univ. étrangère (exemple : service militaire en coop. à Moscou), , le certifié de français détaché dans un institut de français, un centre culturel ou une Alliance, l’attaché linguistique (ex. en Macédoine : 1997/98) qui organise auprès des services culturels d’une Ambassade de France des stages et activités de formation (frs des affaires, prix, bourses), le prof étranger qui enseigne le frs aux enfants ou à des adultes scolarisés dans son pays (PB DE L’ACCENT), l’enseignant de français qui intervient dans tel ou tel centre (univ. ou non) pour étudiants étrangers en France, il y a une

=> Différence considérable de :
-formation (ex. des CCFS : diplômes de russe, histoire de l’art..), de statut et de comportement pédagogique =>>Il ne suffit pas d’être Français, de parler le français, pour enseigner le FLE !

=> Comme discipline, le FLE fait l’objet d’une professionnalisation accrue.
=> Le FLE mobilise une grande diversité d’acteurs et de publics

Il faut prendre conscience du fait qu’aujourd’hui le FLE, tout autant qu’un objet d’enseignement ou une profession, est un =>

ENJEU à la fois culturel, économique, politique….et commercial, lié au destin de la francophonie.

En tant que langue vivante, le français est devenu un MARCHÉ avec ses luttes de pouvoir et ses enjeux concurrentiels (à développer dans le cours suivant).
En témoignent l’importance (diversement appréciée) des moyens (en particuliers humains) affectés à la diffusion de notre langue à l’étranger par plusieurs ministères (MAF,Coop., Educ. Nale.) et la multiplication des opérations de promotion du frs. dans un grand n°de pays étrangers, ainsi qu’une édition spécialisée (manuels, matériel pédag., de toutes sortes ) ++ TV 5, Radio France International, où la concurrence semble prendre toute sa place , du moins quantitativement.

I.3.LE MARCHÉ DU FLE

Actuellement => un « marché » des méthodes : elles sont des produits qui doivent tout d’abord prendre place sur un marché, marché qui a ses caractéristiques et ses tendances.

QUESTIONS SUR LES MÉTHODES (un n° spécial du LFDLM leur est consacré)

Très nombreuses, existence de catalogues…plusieurs éditeurs …=>Expo Langues !
Tables Rondes : un certain n° de questions subsiste(nt) à l’égard des méthodes :

Christian PUREN traite des contours d’une « crise des méthodologies » qui ne peut manquer d’affecter les méthodes elles-mêmes. Il parle de la « mort » des méthodologies et du « déclin » de l’approche communicative.

J .C. BEACCO s’interroge sur les origines d’une méthodologie qu’il nomme « circulante » telle qu’elle existe dans les classes, et sur laquelle viennent se greffer les méthodologies « savantes »

R. GALISSON propose une critique stimulante des méthodes .Il voit dans la crise présente le résultat de l’effet –formation des enseignants, désormais + autonomes, et par là même, demandeurs d’outils différents (ex. la catho, en 1997, aux CUE, 5/6 méthodes – une par enseignant !pour le même niveau)

=> Tout apprentissage s’inscrit dans une continuité ce qui conduit D. COSTE à analyser de façon détaillée la notion de curriculum, la méthodologie plaçant la dimension curriculaire au centre même de son champ de réflexion.

H. BESSE note la nécessité de mises au point terminologiques, tant les approximations de sens sont fréquentes dans ce domaine.

=> Tout en prenant acte de la diversité des approches actuelles, on parle le + souvent « d’éclectisme » : problème de la cohérence des pratiques d’apprentissage au travers de l’unité didactique (jadis appelés « leçons »…) => Contenus, termes, controverses.

I.4. LE MARCHÉ DES LANGUES : les usagers veulent faire usage de ce qu’ils apprennent !
{=> L’apprenant usager}

On apprend :
- partout : lieux … (révolution médiatique)
- tout le temps
- à sa convenance,
D’où la nécessité :
- de connaître le profil des usagers : l’individu/ l’entreprise => Le contrat d’apprentissage

Le mot MARCHÉ = résonance peu positive dans les instances éducatives ou formatives (=> « missions », avant).

Termes à la mode : contrat d’apprentissage, apprenant = client, l’institution de formation =entreprise =>>Réalité brutale de « l’offre », de la « demande du produit», des stratégies…ces termes n’ont pas de place, normalement, dans le champ éducatif !

L’apprenant voyageur : on apprend partout, la classe n’est plus le lieu unique d’une pratique d’apprentissage.

La révolution médiatique a créé des instruments spécifiques adaptés à la condition du « voyageur » et a concouru à son autonomie : l’autoradio, la baladeur, le téléphone mobile….Mais, à l’opposé, création d’une sédentarité : stockage et rediffusion, magnétoscope, câble, services télématiques,…et l’accès à une multitudes de banques de données et de services, place chacun au centre d’un réseau d’informations qui autorisent à vivre le monde en temps réel et abolissent l’espace.

Cette révolution combinée de la mobilité et du sédentarisme, crée pour l’apprentissage des langues des conditions tout à fait nouvelles, que ce soit en milieu institutionnel ou domestique, elle multiplie et individualise les auxiliaires d’apprentissage modulables à la demande, elle multiplie les possibilités de contact direct ou médiatisé, elle multiplie les parcours d’apprentissage liés à ces auxiliaires.

On apprend tout le temps : désuétude de l’extrême rigidité des temps d’apprentissage liés aux institutions. (Voir horaires des cours).

L’environnement médiatique dont on dispose permet d’apprendre n’importe où et quand (exemple de Ronald F.: jogging + walkman –lecture de textes frs.). L’usager demande tout simplement au marché de lui fournir des outils adéquats qui tiennent compte de cette variété des temps disponibles => implication d’une programmation pédagogique extrêmement variée, voire aléatoire !

Comme l’on consomme à sa convenance, et parfois de manière paradoxale, on apprend aussi à sa convenance et de manière paradoxale !
=> L’usager impose son temps et son espace (ce que l’on appelle aussi centration sur l’apprenant : exemple des Nigérians : lieu de travail, selon le temps de chacun, en fonction du décalage horaire avec les EU, car travaillant avec eux !) cela pose de redoutables problèmes à ceux qui sont chargés de l’organisation de cursus !


Dernière édition par culfinwen le Jeu 30 Oct 2008 - 18:25, édité 1 fois
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MessageSujet: CM1 suite   Jeu 30 Oct 2008 - 18:21

I.5. L’offre et la demande

Années ‘70/80 : enquêtes commandées sur l’analyse des besoins pour rattraper les usagers qui échappent par tous les bouts, pour mieux cerner leurs attentes, motivations ou désirs.
Mais cette analyse reste nécessaire à la détermination des objectifs ; elle est un instrument de prise de conscience et de négociation, une manière pour l’étudiant d’apprendre à apprendre et devenir autonome.

Les besoins (objectifs ou subjectifs =désirés, ressentis) évoluent aussi !

ALORS, l’enseignant (le marché du FLE), ont une
Tâche déterminante : connaître le profil des usagers : individus multidimensionnels, individu- entreprise : le vocabulaire de l’usager s’apparente à celui de l’entreprise : investir, négocier, optimiser, planifier, bilan, crédit, contrat, efficacité, développement, excellence….

Dans ce contexte, il convient d’intégrer le paramètre de la consommation dans la stratégie de l’offre. La qualité du service joue un rôle déterminant :

- Ne pas mettre sur le marché des produits standard ;
- Reconnaître le pouvoir de négociation de l’usager, sa demande de spécificité, de différenciation. =>> Manuels de FLE sur (à) objectifs spécifiques (MOS => FOS)

COMMENT SE PRESENTE MAINTENANT UNE MÉTHODE ? (à vous de la découvrir, de la présenter !)

C’est d’abord un livre, le + complet possible. Le livre unique, c’est le plus attendu. MAIS, c’est aussi le livre du prof (le guide pédagogique), le cahier d’exercices, qui devient inévitable, même si le livre en est rempli ; +K7 audio et/ou vidéo.
L’essentiel de l’effort des concepteurs est consacré au livre de l’élève. Le succès de Sans frontières est dû, entre autres, au caractère très complet du livre de l’élève.

Actuellement, il y a une demande accrue de matériel audio/ vidéo. (prix à prendre en compte !), ce qui correspond au souci de développer la compréhension orale, avant même de produire de l’oral.

La légitimité pédagogique reconnue de la vidéo est frappante. Touts les méthodes de CLE International sont accompagnées d’une K7 vidéo !

=> La vidéo c’est la richesse de l’image authentique, la diversité des contenus culturels, le divertissement, l’évasion.
=> Ce support échappe aux stéréotypes scolaires car présente en plus des documents authentiques ; MAIS => coût de production /achat reste élevé ! !

La conception des méthodes va bcp changer avec l’ère de l’informatique = EAO ; actuellement, elle est intégrée prudemment : TEMPO est accompagnée de CD ROMS.
Intérêt de l’informatique : s’en servir dans un cadre d’apprentissage + individualisé. MAIS : danger ? Matériels éphémères ? Coût élevé !

ATTITUDES +/- différentes :
Vidéo = adjuvant culturel, pas indispensable.

QUESTION : de quoi est fait l’AVENIR ? du livre, peut-être, en bonne partie !

** Confrontation au pragmatisme des enseignants qui ont toujours raison en dernière analyse : ils ne se laissent pas impressionner par les modes, les innovations !


II. ASPECTS HISTORIQUES ET INSTITUTIONNELS DE L’ENSEIGNEMENT DU F.L.E.

II.1. Comment le français devint langue étrangère


Traditionnellement, l’étranger est celui qui ne partage pas la même langue, le même idiome.
De ce point de vue, le mythe de l’universalité de la langue française et des valeurs qu’elle était seule censée véhiculer, a longtemps entretenu la fiction que le français n’était étranger à personne !

Et pourtant, les travaux récents des historiens du FLE ont montré comment, dans les pays d’Europe en particulier, notre langue a été enseignée comme LE. Dans les 22 premiers n°s de la revue Documents pour l’histoire du fle et fles, des travaux sur 12 pays européens, 2 méditerranéens (Turquie &Palestine), 3 d’Amérique (Canada, Chili, Colombie), 2 d’Asie (Chine, Malaisie), des pays ou régions d’Afrique et de l’océan Indien…
En Italie par exemple, un des pays où l’histoire de l’enseignement du français est la mieux connue, Carla Pellandra montre comment « l’enseignement du français , art d’agrément pour former un parfait gentilhomme et une dame à la mode, devient au cours du XIX e siècle , une discipline scolaire ».
Evidemment, ce changement de statut implique des changements didactiques importants : non seulement les lieux d’enseignement, la sociologie des enseignants, changent, mais aussi les modes de transmission du savoir et les outils pédagogiques.

Fait marquant : à la fin du XXe siècle, des chercheurs on ressenti la nécessité de collecter ce savoir et de se regrouper en une Société savante internationale pour établir son histoire. [Société Internationale pour l’Histoire du FLE et Seconde]

II.2. Diffusion du FLE et les moyens de diffusion

Même si la classification d’étrangère peut s’appliquer à toutes les langues naturelles ( il suffit, dans ce cas, que des non natifs fassent une démarche d’appropriation), c’est la diffusion d’une langue particulière, qu’elle soit culturelle ou politique, qui actualise cette potentialité.
Dans le cas du français, les deux modes de diffusion ont fonctionné. Par exemple :
- Politique : sur le territoire de l’hexagone actuel, en Grande-Bretagne dès le Xe siècle, aux époques coloniales, dans les régions où le français est aujourd’hui langue seconde…
- culturelle : à l’époque des lumières, dans les pays/régions où il est LE…
=> Ces causes sont a priori extra- didactiques mais ne peuvent pas être ignorées par l’Histoire du FLE.
Moyens de diffusion
Au fil des années le français a développé une « logistique » de diffusion qui se manifeste sur plusieurs plans :
=> Le plus manifeste est le plan humain et institutionnel, celui des enseignants, des diffuseurs de la langue et des institutions qu’ils font vivre et qui, en retour, structurent leur activité.
=> Mais le plus connu est sans doute celui qu’on peut nommer « méthodologique », terme qu’il faudra mettre au clair dans ce cours ! ! Le français, en tant que LE, s’est peu à peu forgé un arsenal de moyens destinés à faciliter son appropriation par des non natifs. Bien entendu, il ne l’a pas fait en totale indépendance des autres langues vivantes, qui ont connu des conditions comparables aux siennes (la DDL).
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MessageSujet: CM1 suite   Jeu 30 Oct 2008 - 18:22

II.3. L’expansion de la langue française : ancienneté historique de l’action politique et culturelle à l’étranger.

Il est hors de question de développer dans ce cours cet aspect des choses ! Mais il est indispensable que les futurs enseignants de FLE aient en tête au moins les grandes lignes de la diffusion historique de la langue française. (Voir l’origine du français, sa formation, etc).

Nous allons retracer seulement les étapes les plus marquantes dans le cadre de ce cours.

II.3.a : les débuts
=> Une histoire qui remonte aux Croisades !
Envoi, dès le règne de Saint Louis, d’évangélisateurs et de missionnaires jusqu’en Chine !

=> Au XVIe siècle : exploration du Canada (1534 première expédition de jAcques Cartier et fondation du Québec par Champlain en 1608)

=> Au XVIIe siècle :
- missionnaires envoyés dans l’Empire Ottoman , en Extrême Orient et au Canada.
- Après Colbert, politique d’assimilation des populations autochtones du Canada et , inversement, venue à la Cour de Louis XIV de savants européens ;
- C’est en effet avec le français classique du XVIIe siècle (illustré par des auteurs comme Boileau, Molière , Racine, Madame de La Fayette…et soutenu par des actes politiques forts, tel la création de l’Académie française en 1635) que va s’imposer dans les mentalités françaises l’idée nationalement fondatrice d’une langue non seulement supérieure aux idiomes qu’elle côtoie sur le territoire national et qu’elle va peu à peu évincer, mais encore digne d’être adoptée par tout ce que le monde d’alors (c’est-à-dire, finalement l’Europe) compte de bonne société (Cour de Prusse : leur langue est « barbare » ; les autres Cours importantes d’Europe). C’est cette idée qui fera la fortune du

=> français moderne au XVIIIe siècle, jusqu’au point d’orgue quasi-mythique que représente en 1784 la victoire de Rivarol au concours de l’Académie de Berlin sur l’universalité de la langue française. Cette langue des lumières, celle de Voltaire, Rousseau, Diderot, Montesquieu, est très proche de la nôtre et les lycéens français peuvent la lire sans trop la transcrire comme c’est le cas de la langue de Montaigne ou de Corneille.

=> A l’époque de la Révolution cependant, on estime que 20% de la population seulement est totalement francophone. Il existe donc une grande marge pour la diffusion interne de la langue.

***C’est l’école de la 3e République (lois de Jules Ferry entre 1881 et 1886) qui sera le principal artisan de cet effort. En devenant objet d’enseignement mais aussi le moyen des enseignements de l’école obligatoire, le français, qui n’était sociologiquement parlant la LM que d’une faible partie de la population, et la L2 d’une majorité de Français, inverse peu à peu cette tendance et, dans l’espace de 3 générations, prend le statut de LM dans les écoles de la République. On peut dire que c’est aux environs de la guerre de 1939-1945 que cette gigantesque opération d’unification nationale par la langue est presque achevée, du moins pour la métropole. Certaines persistances ou résurgences de revendication pour la reconnaissance ou l’enseignement des langues régionales (Alsace, Bretagne, Corse, Occitanie et Provence, Pays Basque, DOM-TOM…), la prise en compte récente de problèmes d’enseignement liés à la présence de langues exogènes dans les écoles, ne sauraient, aujourd’hui du moins, remettre fondamentalement en cause cet acquis : le français est devenu la langue des Français.

II.3.b Le rôle de la colonisation

- 1534 (1ère expédition de J. Cartier) + « les comptoirs », jusqu’aux environs de 1840 => premier empire colonial français.
- Plusieurs des territoires occupés ont aujourd’hui acquis leur indépendance, ou sont inclus dans d’autres Etats. Le français y est souvent en concurrence avec les langues créoles ; il ne peut pas être qualifié de LE, puisqu’il est langue de l’Etat, il est donc appelé Langue seconde.
- 1830/40-..deuxième empire colonial français
- 1870-1914 du fait de la colonisation on assiste à une certaine diffusion du français à l’étranger.
- 1906 à partir de cette date : création des premiers instituts, lycées et écoles à l’étranger sous la responsabilité directe de l’État français.
- 1909 présences, au service des Affaires Etrangères, d’un secteur concernant les Ecoles et les œuvres françaises à l’étranger.

II.3.c rôle des missions religieuses
- 1860 (mission israélite) : fondation de la mission israélite
- 1883 (mission catholique) : les jésuites fondent en 1883 l’Université Saint-Joseph à Beyrouth.

II.3.d rôle des missions (laïques) privées
- 1883 Création de l’Alliance Française
- 1902 Création de la Mission laïque française

II.4. Le développement de l’enseignement du FLE après la seconde guerre mondiale

Le FLE émerge comme discipline à cette époque.
Cette émergence est à mettre en relation avec la nécessité, au moment de la Libération, d’une restauration du rôle de la France dans le monde. On peut y distinguer plusieurs périodes :

a) avant la décolonisation
- 1945 : restructuration du MAE avec la création de 3 directions générales : Affaires politiques ; Affaires économiques, techniques et financières ; Direction Générale des Relations Culturelles et des œuvres françaises à l’étranger.(DGRC)
- Age d’or des conventions culturelles avec la création dans les Ambassades de postes de conseillers et d’attachés culturels.
- 1946 création de l’UNESCO
- 1947 création à l’UNESCO d’un comité d’experts sur le problème de l’éducation et de la diffusion des langues.
- 1952 dans le même cadre, création de la Commission d’étude du français élémentaire (débuts, en quelque sorte, du CREDIF) et mise en place des enquêtes qui déboucheront sur la mise au point d’une liste de vocabulaire d’abord appelée « Français élémentaire » (1954) et qui prendra le nom de « Français fondamental » (1959).
- Création au sein du Ministère de l’Éducation Nationale d’une Direction de la Coopération.

b) après la décolonisation

Rappel de ses principales étapes :

7 mai 1954 : défaite de Dien Bien Phu
1956 : Indépendance de la Tunisie et du Maroc
1958 : Transformation des T.O.M. en Communautés
1960 : Indépendance des Etats africains et de Madagascar
1962 : Signature des accords d’Evian ouvrant la voie à l’Indépendance de l’Algérie

• Transformation de l’appareil éducatif mis en place en organismes prestataires de coopération avec des pays indépendants dans lesquels le statut de la langue française , bien qu’il reste important, n’est plus le même.

c) le tournant des années 60

1959 : naissance du CREDIF (Centre de Recherche pour la Diffusion du Français) rattaché à l’ENS de Saint-Cloud.
1959 : naissance du BEL (Bureau pour l’Enseignement des Langues, qui deviendra plus tard BELC), dépendant du secondaire et rattaché au CIEP(Centre International d’Etudes Pédagogiques) de Sèvres
1960 : création du CLAB (Centre de Linguistique Appliquée de Besançon) rattaché par la suite à l’Université de Franche-Comté (Besançon)
1964 : création du CAVILAM (Centre Audio- Visuel de Langues Modernes) de Vichy rattaché par la suite à l’Université de Montpellier.
1966 : création du CAREL (Centre Audio- Visuel de Royan)

• Dans les années 60, également création du CRAPEL à Nancy, du CUEF à Grenoble…

CREATION D’ASSOCIATIONS, FONDATION DE REVUES, EDITIONS…

1961 : création de l’AUPELF (Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française)
1969 : Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF)

1er Mai 1961 : fondation de la revue Le Français Dans Le Monde (LFDLM)

• Engagements des éditeurs : Hachette, Hatier- Didier, Nathan (Clé International)

• Création, au sein des ambassades, de bureaux pédagogiques animés par de conseillers pédagogiques et en relation avec les instances des différents pays qui sont chargés de d’améliorer l’enseignement du français à l’étranger.

• Organisation au sein du BELC et du CREDIF de stages annuels et de stages d’été pour la formation d’enseignants et de formateurs de formateurs.

• Dans les années 60 un mouvement très actif en didactique du FLE se met progressivement en place en marge de l’université.
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MessageSujet: CM1 suite   Jeu 30 Oct 2008 - 18:23

d) Les travaux du Conseil de l’Europe : début des années 70

• Mise en place par le Conseil de l’Europe d’un groupe de réflexion sur l’enseignement des LVE en Europe et plus particulièrement sur l’adaptation de l’offre pédagogique à la demande des apprenants.

• Parution de recueils permettant la création de manuels adaptés aux besoins et motivations des apprenants.
• 1976 : parution du recueil Le Niveau Seuil pour l’enseignement du français
• Parallèlement, le Conseil de l’Europe s’occupe de l’éducation des travailleurs migrants en Europe en se penchant sur le problème de l’apprentissage de la langue du pays d’accueil avec le maintien des liens avec la langue et al culture d’origine.
e) années 80 : politique de promotion du français à l’étranger et création de filières universitaires en France
• transformation des bureaux pédagogiques en bureaux d’action linguistique (les BAL) et des conseillers pédagogiques en Attachés Linguistiques (AL)
• à partir de 1983, création de filières universitaires comportant :
- la mention FLE de la licence
- une maîtrise de FLE
- des DESS
- un DEA
- Doctorat,
dans de nombreuses universités (à noter l’importance de Paris 3 ! et de l’UFR du DFLE : seul lieu où la didactique des LVE a son autonomie !)
- La formation initiale en la matière se fait désormais dans les universités, les organismes comme CIEP-BELC gardant la formation continue.
• Parallèlement, création d’un diplôme spécial réservé aux étrangers et attestant de leur compétence en français. Celui-ci comporte 10 unités : les 6 premières unités composent le
- DELF (Diplôme d’Etudes en Langue Française) . Il est lui-même subdivisé en 2 parties : le DELF 1er degré qui concerne les 4 premières unités, et le DELF 2e degré, pour les 2 unités suivantes.
- DALF (Diplôme Approfondi en Langue Française) comprend 4 unités dont 2 de spécialisation.

III. APERÇU SUR L’ORGANISATION INSTITUTIONNELLE DE LA DISCIPLINE

III.1. Présentation générale


Réseau institutionnel important : environ 55 millions d’apprenants dans le monde dont 1 million d’adultes.
Hors de France : concerne environ 250 000 enseignants.

Responsables en matière de politique du français et de la francophonie
au plan national :
• le Haut Conseil de la Francophonie (resp. le Président de la République)
• le Conseil Supérieur de la Langue Française (resp. 1er Ministre)
• La Délégation Générale à la Langue Française (DGLF) => Ministère de la Culture
• L’Académie Française
au plan des relations multilatérales (entre plusieurs pays):
• Appartenance de la France à la Communauté des 49 états ayant le français en partage. Sommets réunis tous les 2 ans (Haut Sommet de la Francophonie)
• Programmes mis en œuvre par l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique) par :
- la chaîne francophone tv5 ; Radio France Internationale
- l’AUPELF/UREF(Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française et l’Université des Réseaux d’Expression Française)
au plan des relations bilatérales :
• Ministère de la Coopération : compétence en Afrique « francophone » et en Océan Indien
• MAE : DGRCST (direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques)
• M.Ed. Nationale : DAGIC (direction générale des relations culturelles, internationales et de coopération)
• Alliance Française : organisme privé mais subventionné en partie par le MAE. Structure particulière de l’A.F. : dans un pays donné, l’A.F. est juridiquement de la nationalité du pays. Ensemble de structures locales coordonnées par Paris.


III.2.Réseau culturel et linguistique du MAE


Dans les ambassades : service culturel placé sous la direction d’un conseiller culturel.
Fonctions du service : coopération culturelle et artistique, coopération linguistique et éducative, relevant du BCLE (bureau de coopération linguistique et éducative), politique du livre, politique de l’audiovisuel.

Les établissements :
=> les centres culturels et les instituts
=> Missions : documentation sur la France, enseignement, coopération culturelle et éducative.
=> Les Alliances Françaises : statut particulier (cf. ci-dessus)
=> Les écoles, collèges et lycées français : on y dispense un enseignement conforme aux programmes et objectifs pédagogiques français et on y prépare aux examens et diplômes français.

Les acteurs (personnels) :
- Conseillers culturels, attachés culturels et directeurs de BCLE : ils sont responsables de la coordination des actions culturelle.
- Les attachés linguistiques : ont pour mission l’expertise de projets de coopération.
- Responsables des enseignements : coordination des cours et formation des enseignants
- Enseignants : plusieurs situations se présentent :
=> coopérants militaires, enseignants mis à disposition d’établissements étrangers (titulaires de la fonction publique) et recrutés locaux.

IV. Organisation de l’enseignement du FLE en France


1. Formation initiale
=> Filières FLE dans la plupart des universités françaises

2. Formation continue
=> Existence de Diplômes d’université (ex. : CEDIFLE et DELC à Paris 3)
=> Stages d’été dans nombre de Centres de Formation rattachés à l’université ou privés (cf. brochure annuelle publiée pour le compte du MAE , 9, rue Anatole France, 75017 Paris, tél. 01 42 2732 97 ;

3. Maisons d’édition :
- Hachette Education (espace enseignants) au 104, Bd St. Germain 75006 Paris, tél. 01 44 41 98 99
- Clé International (espace enseignants) 16, rue Monsieur le Prince, 75006 Paris, tél. 01 45 87 44 23
- Hatier/ Didier, 13, rue de l’Odéon, 75006 Paris, 01 44 41 31 48

4. Annexes : coordonnées de quelques centres de formation

- Alliance Française 101, Bd Raspail, 75006 Paris ; tél. 0145 44 38 28
- ILCF (La catho), 21, rue d’Assas, 75006 Paris, tél. 01 44 39 52 00
- Fondation Post-universitaire Internationale : 11, rue Tiquetonne, 75002 Paris, tél. 01 40 28 04 03
- CCIP/DRIDE, 42, rue du Louvre, 75001Paris
- EUROCENTRE, 13, passage Dauphine, 75006 Paris, tél. 04 43 25 81 40
- CAREL (centre audiovisuel de Royan pour l’étude des langues) ; 48 Bd Franck Lamy, BP 219C17205 Paris, tél. 0146 39 50 00
- CLA (centre de linguistique appliquée), 6, rue Gabriel Plancon, 25030 Besançon ; tél. 03 81 66 52 00
- CAVILAM ,14 rue du Maréchal Foch, BP 164 03206 Vichy Cedex tél. 04 70 32 25 22
- CRAPEL (centre de recherche et d’applications pédagogique des langues), 3 place Godefroy de Bouillon 54015 Nancy Cedex, tél. 03 83 96 71 30.
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MessageSujet: CM du 14/10/08   Jeu 30 Oct 2008 - 18:45

Voici les notes du CM du 14/10, soit le CM 3 normalement.
Il y a des textes pdf à lire avec:
Voir le Fichier : HISTOIREDESMETHODES.pdf
Voir le Fichier : HISTOIREDESMETHODESSUITE.pdf

Arrow Je rappelle à tous qu'il n'y a pas eu de CM4 de FLE mardi 21 octobre car Mme Fredet était absente.

CM3
HISTOIRE DES MÉTHODOLOGIES & LES MÉTHODES DE FLE DANS LE TEMPS


Aperçu historique, généralités

QUESTIONS DE TERMINOLOGIE

Enseignement/apprentissage d’une langue => certains dissocient ces deux activités dont l’objectif principal est celui de « permettre à l’individu de communiquer avec autrui dans un certain n° de situations de sa vie quotidienne et professionnelle et pour cela il est nécessaire de disposer d’informations précises sur les composantes linguistiques & extra- linguistiques de ces situations : registre ou dialecte utilisé selon le cadre, le statut, des interlocuteurs, le thème de l’échange, le canal (lettre, téléphone..) et, en même temps, connaître les règles qui commandent l’organisation d’un texte ou d’un dialogue. »

MÉTHODE : terme qui a 3 sens dans le discours actuel :

1. matériel d’enseignement, matériel pédagogique = lorsque l’on parle , p.ex. de la « méthode VIF » (la 1ère méthode audio- visuelle, créée par le CREDIF),ou encore de Libre échange , il s’agit +/- d’un cours, d’un manuel/livre
2. ensemble de procédés et techniques de classe (=> procédé pédagogique) visant à susciter chez l’apprenant (l’élève) un comportement ou une activité déterminée . C’est en ce sens que l’on parle en pédagogie générale de « méthodes actives » qui désignent tout ce qu’un enseignant peut faire pour créer et maintenir chez ses élèves un maximum d’intérêt et de participation en classe. => l’expression « méthode directe » désigne donc tous les procédés et techniques destinés à éviter le recours à l’intermédiaire de la LM des élèves ; celle de « méthode orale » , tous ceux visant à faire pratiquer oralement la LE dans la classe.
3. Ensemble cohérent de procédés, techniques et « méthodes » qui s’est révélé capable , sur une certaine période historique et chez des concepteurs différents, de générer des cours relativement originaux par rapport aux cours antérieurs et équivalents entre eux quant aux pratiques d’enseignement /apprentissage induites (sens +/- de méthodologie).

Les méthodes constituent des données relativement permanentes , parce qu’elles se situent au niveau des objectifs techniques inhérents à tout enseignement des LVE (faire accéder au sens, faire saisir les régularités, faire répéter, faire imiter, faire réutiliser…)

Les MÉTHODOLOGIES, en revanche, sont des formations historiques relativement différentes les unes des autres , parce qu’elles se situent à un niveau supérieur où sont pris en compte des éléments sujets à des variations historiques déterminantes, tels que :

• les objectifs généraux, parmi lesquels, dans le cadre de l’enseignement scolaire, priorité peut être donnée à l’objectif pratique ou, au contraire, aux objectifs culturel et formatif
• les contenus linguistiques et culturels, où l’on peut privilégier , p.ex., la langue écrite ou la lg. orale, la culture artistique, la culture en général..
• les théories de référence , en particulier les descriptions ling. et culturelles, la psychologie de l’apprentissage, la pédagogie générale, qui évoluent au cours de l’histoire.
• les situations d’enseignement : les rythmes scolaires, le n° d’années de cours, d’heures /semaine, d’élèves /classe, et l’homogénéité de leur niveau, âge, leurs besoins et leurs motivations, la formation des professeurs, etc qui peuvent varier considérablement d’une époque à l’autre.

Les méthodologies reposent sur des hypothèses au niveau du langage : hypothèses linguistiques (utiliser la langue à bon escient), sociolinguistiques, psychologiques, qui varient aux cours des années.

=> Parmi les MÉTHODES, les différentes « méthodologies » effectuent donc des choix, définissent des hiérarchisations, organisent des articulations. AINSI :

• La méthodologie directe, p.ex., s’oppose à la méthodologie antérieure, traditionnelle, par l’utilisation systématique de la méthode directe (qui lui a donné son nom), de la méthode orale et de la méthode active, qui, à elles trois, en constituent comme le noyau dur. MAIS on retrouve ces 3 méthodes combinées dans la méthodologie active (du nom de la « méthode active », qui devient alors prioritaire) et dans la méthodologie audio- visuelle (du nom des auxiliaires autour desquels elle réalisera son intégration didactique)
• Parfois, « méthode » aura le sens de « cours », « méthodologie », même plusieurs de ces sens à la fois. Le terme « méthodologie » est controversé aujourd’hui, on lui préfère « cours ».


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MessageSujet: CM du 14/10/08 - suite   Jeu 30 Oct 2008 - 18:49

INTRODUCTION

=> La méthodologie de l ‘enseignement des LE puise ses racines dans l’histoire des besoins de la communication sociale. Ex. du marchand phénicien, des expéditions militaires…qui font naître les premières formes du multilinguisme et de sa propagation.

=> D’une part, ce sont des mixtes de langues, des créoles tels que le gallo-romain, de l’autre, c’est la mise en place de moyens d’apprentissage contraints quand une langue l’emporte sur une autre, ou même provoque sa disparition (l’arabe est enseigné, le berbère ne l’est pas ou l’est peu).

Les méthodologies traditionnelle, directe, audio- orale, audio- visuelle et communicative dominent le panorama des méthodologies. Mais les dispositifs didactiques ne présentent pas la « successivité » chronologique que l’on serait tenté d’imaginer. Il y a continuité, retour en arrière, prise en compte de ce qui se fait ailleurs, pour s’en inspirer ou, au contraire, pour le rejeter, et adaptations à de nouveaux environnements idéologiques et technologiques.

Les termes méthodologie et approche, voire encore démarche, se rencontrent et, parfois, de manière assez indifférenciée. Ils manifestent une évolution, non tant de la didactique que de l’idée qu’on s’en fait. Ch. PUREN : « le terme de méthodologie apparaissant aujourd’hui comme trop monolithique et exclusif, on lui préfère celui d’approches (lesquelles correspondent à des méthodologies diversifiées en fonction d’éléments externes aux apprenants eux-mêmes : différents objectifs, contenus, types de supports, …) et de démarches (méthodologies diversifiées en fonction des apprenants eux-mêmes : leurs habitudes d’apprentissage, leur psychologie, leur vécu). »

Méthode d’enseignement : démarche raisonnée, ensemble d’hypothèses et de principes qui permettent à l’enseignant d’optimiser les processus d’apprentissage de la LE :
=> hypothèses : relatives, p.ex., au mode de travail proposé ou imposé. Ainsi, apprendre par cœur est bénéfique mais ne suffit pas ; un enseignement efficace doit être répétitif, il doit donc être « spiralaire » et revenir sur les acquis pour les réactiver ; l’acquisition d’automatismes est une bonne chose, mais elle doit laisser jouer une créativité du sujet parlant, etc.
=> principes dérivant de ces hypothèses : on choisira d’organiser des groupes de travail pour développer la socialisation et le besoin de communiquer , pour ne pas laisser les apprenants sans contact entre eux , dans une relation verticale avec l’enseignant ; ou encore : dans le sein du groupe, favoriser l’autonomie des apprenants dans l’apprentissage ; ou encore : des phases d’expression libre devront alterner avec des phases davantage centrées sur la structuration et la fixation des acquis, etc.
=> La DIDACTIQUE (réflexion sur les différentes manières d’enseigner) ne saura se concevoir qu’à travers ces différentes méthodes d’enseignement.
=> La didactique se distinguera de la PÉDAGOGIE, activité impliquant une relation entre l’enseignant et l’apprenant, qui met l’accent sur les aspects psychoaffectifs et non sur la mise en œuvre des moyens d’enseignement ; cependant, cette relation n’est pas sans incidence sur la qualité des acquisitions , car il ne s’agit pas seulement de l’appropriation de connaissances linguistiques et du développement de compétences, mais aussi de la construction de l’individu.

REPÈRES HISTORIQUES DES MÉTHODOLOGIES
Voir le tableau de synthèse du volume supports pédagogiques


1. Méthodologies traditionnelles

• enseignement fondé sur l’apprentissage des formes et des règles de grammaire prescriptive
• recours à la LM
• objectifs fondamentaux : connaître la « belle langue » et la civilisation
• techniques : « pédagogie du modèle » : lecture, version, thème ; mémorisation et restitution (récitation)
• approche analytique
• outils privilégiés : manuels, recueils de textes, œuvres entières, dictionnaires bilingues, grammaires.(Méthode appelée également grammaire/ traduction)

2. Méthodologie (approche) directe

• priorité donnée à l’oral : nouveaux besoins, nouveaux objectifs
• grammaire +/- implicite
• rôle nouveau de la gestuelle, du mime, de la verbalisation par l’enseignant
• mise en œuvre de procédés nouveaux : jeux Q/R, deviner pour comprendre (rôle de l’intuition) ; imiter le professeur, répéter jusqu’à l’assimilation
Maximilien BERLITZ et ses centres de langues.
LIMITES de cette méthodologie : manque de solidité de ses bases théoriques : découpage linguistique, progression, contenus. Malgré ces limites => élargissements, progrès suscités.

• 1920-1960, en France : on rencontre la « méthode active », compromis entre les méthodologies traditionnelle et directe ;
• vers les années ’70 (avec le « Mauger rouge »), on parle de méthodologie « éclectique » ou mixte, de synthèse ou de conciliation.

3. Méthodologie (approche) audio-orale (« méthode de l’Armée » : Army Specialised Training Program, années ‘40/60) => MAO

• fondée sur 2 bases : la linguistique structurale et la psychologie du comportement (=> béhaviorisme de Skinner)
• caractérisée par une approche contrastive et par la priorité accordée à l’oral
• instruments : magnétophone, labos de langues, exercices structuraux intensifs
• critiques : pratiques lassantes, d’une part, critique du béhaviorisme de l’autre
Cependant, SUCCÈS de cette méthode qui marque d’une forte empreinte celles qui suivent, même si elles s’en défendent souvent.


Dernière édition par culfinwen le Jeu 30 Oct 2008 - 18:58, édité 1 fois
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MessageSujet: CM du 14/10/08 - suite   Jeu 30 Oct 2008 - 18:57

4. Méthodologie(approche) audio-visuelle =>MAV

Large écho en France après la 2e guerre ; résultat de 2 courants de recherches : l’un aux Etats Unis, l’autre en Europe, particulièrement en France.
• définition : une MAV unit étroitement l’image et le son à des fins didactiques
• bases théoriques : linguistique structurale et psychologie béhavioriste.
• Contenus structurés, progression rigoureuse.
Situation en France : carences dans l’enseignement traditionnel sur le plan pratique => objectifs surtout culturels.
LA LANGUE => découverte de la matière fondamentale :
• à la recherche du contenu : 1959 apparition du français fondamental (Gougenheim & Michéa)
• à la recherche d’une méthode : 1958 création du CREDIF et élaboration des premières méthodes AV : 1955, 1961,1971 : VIF ; 1965,1972 : DVV. 1982/1983/1985 : Archipel.

5. Méthode structuro- globale audio- visuelle => SGAV

• l’Ecole de Saint-Cloud et l’Institut de Phonétique de Zagreb (équipe de Petar Guberina) élaborent une méthodologie SGAV(notion de linguistique en situation).
• Objectifs des recherches des 2 écoles : écouter > répéter > comprendre
• Moyens utilisés pour atteindre ces objectifs : bandes sonores, images, explications suggestives de l’image- son, répétition.
MAIS, problèmes des références culturelles de l’image ; nécessité d’améliorer et de moderniser ces techniques.
Fondements de la méthodologie SGAV :
• une théorie linguistique explicitement structurale pour les contenus et la progression
• le refus catégorique de l’enseignement de la grammaire explicite tout comme le recours à la LM et à la traduction
• primauté absolue accordée à l’oral (conception méthodologique)
• forte intégration des moyens audio- visuels
• une théorie de l’apprentissage imprégnée du béhaviorisme et importance du conditionnement
• une conception globale de la communication
Les nouvelles méthodologies SGAV comportent 3 parties :
a. la leçon proprement dite
b. l’enseignement de la grammaire
c. la phonétique,
parties que l’on retrouve également dans les MAV actuelles.
La Leçon SGAV ( ses phases sont justifiées dans leur nature et leur organisation) :
• présentation du contenu nouveau
• explication/compréhension , globale/fine : notion de crible phonologique
• répétition, mémorisation, correction phonétique
• exploitation : appropriation et réemploi
• transposition
• bilan
CRITIQUES de la méthodologie SGAV (dès son origine) :
• problème d’adaptation, d’application dans les pratiques de classe : la conception diffère de l’application
• problème du niveau des apprenants et conformité des méthodes
• banalisation culturelle dont les fondateurs étaient conscients
Points positifs également : cette méthode permet d’apprendre, relativement rapidement, à communiquer oralement, en face à face, dans des situations conventionnelles avec des natifs. Cependant, on comprend moins bien lorsque les natifs parlent entre eux ou lorsqu’ils s’expriment à travers leurs médias.
A partir des années ’70 on assiste à une évolution et à une amélioration des méthodes SGAV.

6. L’approche communicative

=> Apparue sous l’impulsion du Conseil de l’Europe et du Niveau Seuil.
• Fondements théoriques variés : au plan linguistique, influence des théories de l’énonciation, de la pragmatique, de la sociolinguistique, de l’ethnographie de la communication…au plan psychologique, influence du cognitivisme et dans la relation enseignant /enseigné, influence de la psychanalyse…apports de la sociologie dans la définition des besoins de l’apprenant
• objectifs : efforts pour développer chez l ‘apprenant non seulement une compétence linguistique, càd la connaissance des règles linguistiques de la L2, mais également une compétence de communication lui permettant de s’exprimer dans des situations de communications diversifiées et en fonction de ses besoins d’utilisation de la L2.
• Prise en compte des besoins langagiers des apprenants et tentative d’individualisation de l’apprentissage
• Sensibilisation des apprenants aux différents registres de langue
• Utilisation de documents « fabriqués » et « authentiques »
• Dans les manuels on retrouve 2 phases dans l ‘apprentissage correspondant à la compréhension et à l’appropriation mais avec une très grande diversité d’activités que l’enseignant choisit en fonction de la situation d’apprentissage qui est la sienne.
• Dès le début , comparaison des documents écrits et oraux
• Enseignement de la grammaire : réintroduction partielle d’une forme de grammaire explicite
• Rôle des erreurs considérées comme les marques nécessaires de tout apprentissage
• Usage possible de la LM

Manuel : C’est le printemps, 1975
Manuel type se voulant une mise en œuvre des concepts de l’approche communicative : ARCHIPEL, J. Courtillon, S. Raillard, CREDIF Didier ,1982/1983/1985.

7. L’approche fonctionnelle- notionnelle => +/- « variante » de l’approche communicative, apparue au début des années ‘80

=> Voir le tableau de synthèse de la brochure supports pédagogiques

A partir des années ’85, on voit apparaître des manuels qui intègrent plusieurs types de méthodologies : Le Nouveau Sans Frontières (1984), Espaces (1990), Libre Echange (1991)

Bon euh... voilà pour ce CM-là... j'ai un peu la flemme de souligner, colorer et mettre en italique tout ça, alors je modifierai plus tard! ^^'
Bonne lecture :-p
Merci de ne pas hésiter à signaler toute erreur ou faute d'orthographe :-)
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MessageSujet: CM 2 du 07/10/08   Ven 31 Oct 2008 - 18:04

Personne n'a l'air d'avoir remarqué que j'avais arnaqué tout le monde: je n'ai pas mis le CM 2!
Bref, réparons cet oubli! ^^

CM2
Les emplois du temps des étudiants FLE


Après avoir passé un test de niveau, les étudiants étrangers ont été réparti en deux groupes, dont voici les emplois du temps.

Le groupe 1 (de niveau faible)
lundi
_ 9h-11h :
prononciation au laboratoire Delattre (3e étage)
_ 11h-13h: rythme
mardi: pas cours pour ce groupe.
mercredi
_ 9h30-12h30:
pratique de l'oral
_ 17h: civilisation (salle brunot)
jeudi
_ 15h-17h
atelier et théorie
_ 17h-19h en salle brunot
vendredi
_ 9h30-11h30:
compréhension orale

Le groupe 2 (de niveau plus fort)
lundi: pas de cours pour ce groupe
mardi
_ 9h30-12h30 :
pratique de l'oral
_ 13h-15h: prononciation
mercredi
_ 14h30-16h30 :
rythme
_ 17h: civilisation
jeudi
_ 15h-17h
Atelier et théorie
_ 17h-19h en salle Brunot
vendredi
_ 14h-16h :
compréhension orale

Il faut assister à trois séances minimum.
Maintenant que vous avez les emplois du temps, faites en fonction du vôtre pour donner vos disponibilités à Mme Fredet (florentinafredet[at]aol.com) afin qu'elle vous dise à quelles séances vous devez assister.

Sur ces trois séances (ou plus), il faut faire un rapport. Tous les paramètres à prendre en compte pour ce rapport sont notifiés à la fin de votre brochure de cours.
Il faut garder à l'esprit que ces paramètres sont des indications mais que l'essentiel est notre vécu, notre ressenti, ce qu'on tire de cette expérience.

Les professeurs qui enseignent aux étrangers:
Naomi Yamaguchi: prononciation
Claire Pillot: prononciation
Elodie Ressouches: civilisation
Nikola Maurova: compréhension orale
Florentina Fredet: civilisation et atelier
Vassilis Plageras: pratique de l'oral

Le reste de ce cours, Mme Fredet a lu des textes, en point de départ à des sujets de réflexion...
Voici quelques auteurs qu'elle a alors conseillés:

_ Bentolila, Le propre de l'homme: lire, parler, écrire; Plon 2000.
_ Calvet (citation: Dans tous les cas, les formes dominantes sont associées aux plus économiques).
_ Geneviève Zarate (l'une des premières à parler de l'autre, de l'altérité e parlant du FLE)

En gros, les sujets de réflexion étaient un peu dans le genre "qu'attend-on du FLE? d'une LE en générale?", "comment doit-il être enseigné (avec une distinction entre le français scolaire et le français parlé)?" etc.

Bon, j'ai résumé le CM2 dans les grandes lignes... :-)
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