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 Acquisition du langage CM

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Sasha
Invité



MessageSujet: Acquisition du langage CM   Sam 8 Nov 2008 - 9:18

Introduction :

Objectifs :
- Rendre compte des processus d’acquisition du langage de 0 à 3 ans : mise en place de la phonologie, des actes de langage, de la morphologie
- Décrire les premières productions linguistiques des enfants du point de vue du linguiste.

Principales étapes de l’acquisition du langage
- 2 mois : les premiers échanges vocaux ; le pré-langage : gazouillis, échanges entre l’enfant et la mère.
- 8-9 mois : babillage plus structuré - répétition de syllabes - premiers pas de la mise en place du système phonologique - sons reconnaissables.
- 1 an : premiers mots - mama, papa ; production quand l’enfant est seul.
- 1.5- 2 ans : combinaisons de mots, développement du lexique : explosion lexicale.
- 2-3 ans : mise en place du système adulte - éléments grammatiques, syntaxe. L’enfant a l’air de parler comme un adulte ; l’acquisition continue.

Double constat :
- TOUT enfant (sauf les pathologies graves) apprend à parler.
- Mais AUCUN enfant n’apprend à parler s’il ne se trouve pas dans un environnement où l’on parle, où on lui parle (le bébé ne saisit pas les valeurs des mots à la télé).

Différentes theories :
- Générativisme : Langage = faculté innée. CHOMSKY, PINKER. Le langage émerge au contact d’une langue de l’entourage ; grammaire universelle innée se décline selon la langue ; pas d’activité d’apprentissage, pas d’imitation. Il suffit de peu d’exercice de la langue.
- Behaviorisme : le langage est acquis grâce à l’entourage- SKINNER.
- Interactionnisme : le langage est acquis dans l’interaction avec l’adulte, car l’enfant interprète les intentions de l’interlocuteur- BRUNER, TOMASELLO, FRANÇOIS.
- Constructivisme : le langage est acquis grâce à l’activité propre à l’enfant, à la résolution de problèmes, à l’exploration- PIAGET. La grammaire construite sert à communiquer ; ça dépend du point de vue de l’enfant, ce qu’il croit central dans la situation.

Chapitre 1 :

Les capacités innées et précoces - prédisposition au langage et à la communication. Le petit enfant arrive avec des capacités innées ou mises en place in-utero.

- Études : développement dans les années 70 de l’opinion sur les capacités des nourrissons. L’observation en situation naturelle ne permet pas forcément de valider les hypothèses.
- Méthodes expérimentales : confirme ce que l’enfant perçoit.
- Principe : les enfants réagissent à la variation des stimuli, il y a habituation et réaction à la nouveauté.
- Mesures : rythme cardiaque, rythme de succion, orientation de la tête. La succion indique la différence entre 2 stimuli ; l’orientation de la tête indique la préférence.


Capacités innées et précoces :

1. Capacités perceptives :
Le fœtus peut discriminer sur le plan auditif et selon les sons différents, établir la différence entre la voix de sa mère et son père.
Le nouveau-né préfère la voix humaine aux autres sons ; cf. Condon + Sanders, il préfère la voix de sa mère aux autres voix, et les bonnes intonations de sa mères aux intonations artificielles.
- Le nouveau-né a une prédisposition au traitement linguistique (segmenter et dégager les unités) :
- La discrimination catégorielle, entre les sons relativement similaires (sourdes/sonores)
- Le développement avec le contact avec la langue parlée, à 7 mois il y a reconnaissance de séquences de syllabes l'enfant peut différencier l’ordre.

2. Prédisposition sociale (à communiquer) :
- Attraction pour les visages et les mouvements humains (orientation du regard)
- Le contact corporel favorise l’ouverture des yeux (contact pour regard)
- La capacité d’imitation précoce (Meltzoff et Moore) les expressions du visage. L’enfant peut déjà imiter l’ouverture de la bouche, l'étirement de la langue. C’est essentiel pour comprendre les premiers échanges : l’enfant imite l’adulte, qui imite l’enfant.
ex : sourire échangé entre la mère et l’enfant. Créer une boucle d’imitation
- La transmodalité : l’enfant peut transformer ce qu’il voit dans une action : Modalité visuelle <-> modalité motrice sur le plan cérébral.
- La prédisposition à considérer l’autre comme son alter-égo (sociocognitif). Dès les premiers jours et d’une façon primaire, l’enfant voit en l’autre un être comme lui. Il y a un lien en communicant, en utilisant le langage.

Conclusion :
Ses capacités prédisposent l’enfant :
- au traitement des données spécifiquement linguistiques,
- à l’établissement d’une relation communicative avec l’autre,
- à s’appuyer sur ce que fait l’adulte.
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Sasha
Invité



MessageSujet: Re: Acquisition du langage CM   Sam 8 Nov 2008 - 15:14

CM 2- 08.10.2008

Chapitre II :

La communication pré-linguistique précède les premiers mots et permet l'entrée dans le langage. L’enfant communique, dès la naissance il construit la compétence à communiquer.

Le premier mot apparaît chez l’enfant qui sait déjà communiquer.


Introduction :
Le nourrisson communique par : les mimiques (visage), le regard (contact visuel), les gestes (agitation des bras, des jambes, etc.), l’orientation et les mouvements du corps (se tourner vers la personne), les vocalisations (pas encore de la parole), des expressions d’états et d'émotions (physique ou psychique). C’est une communication non-intentionnelle ! Il n'y a pas de message transmis.
Ceci est la base de la communication avec l’adulte.
Le nourrisson est inscrit dans la communication interpersonnelle. Les adultes le traitent comme un interlocuteur, ils réagissent à ses expressions. Il y a une échange sans communication intentionnelle du côté du bébé.
Les adultes modifient leur registre pour s’adresser à l’enfant. Le circuit de communication va permettre à ses manifestations de devenir des signes.

L’évolution vers la communication intentionnelle se fait par les étapes suivantes :

- Mise en place des signes au début ce ne sont que des indices.
- Évolution dans le cadre interpersonnel, dans l’échange avec l’adulte
en deux axes : relation dialogique et évolution des messages.

a) Relation dialogique
1. Le bébé est né prédisposé aux relations sociales. Il possède une compétence précoce.
2. Puis la communication est dans une relation inter-subjective (seulement avec l’autre).
3. Puis la communication s'orientera à propos du monde.

Les formats : C'est le cadre qui permet l’évolution et la manifestation des premières étapes. Le bébé se retrouve à vivre des situations ritualisés (répétitives, régulières) et liées à ses besoins fondamentaux. Le bébé en construit un sens, il repère les différentes situations. Le monde extérieur prend une signification.
Quelles en sont le propriétés ? Microcosme social (rôles différents), représentation des représentations aux autres.
- L’enfant et l’adulte font des choses ensemble.
- Les structures interactives restent stables.
- L’enfant ne vit pas dans un continuum, mais des situations identifiables, avec un fort degré de prévisibilité. La répétition forme un cadre pour l’interprétation, car elle permet l’anticipation, la participation et l’introduction de variations, ainsi que la compréhension de concepts nouveaux.

b) Premières émissions :
Les premières expressions ont une valeur expressive mais pas d’intention de communication. Les vocalisations commencent à s’orienter vers quelqu’un aux alentours de 2 mois. On a alors des dialogues pré-linguistiques (Trevarthen). La mère et l’enfant se répondent, il y a une interaction vocale, mimique, gestuelle ; les productions sont en interdépendance (c.a.d. synchronisées). Trevarthen stipule que la synchronisation est innée ; d’autres stipulent qu’elle est construite. La mère intervient quand le bébé se tait, le bébé anticipe sa mère et se tait pour qu’elle parle. Ainsi se mettent en place les mécanismes de base du dialogue : alternance des tours de parole, continuité (relation : ton, sourire, empathie). La première communication repose sur la relation interpersonnelle, dont l’objet est l’échange.

c) Inter-subjectivité primaire (Trevarthen) :
Elle se manifeste par la sensibilité : les gestes et mimiques mécaniques. On peut faire des expériences pour voir si le bébé est sensible à :
- La relation interpersonnelle :
« Still face » Le visage de la mère qui reste parfaitement impassible provoque l’agitation et la dépression du bébé.
- L’existence d’un dialogue : l'expérience de Nadel consiste en des échanges bébé-enfant à travers un moniteur. On passe ensuite du direct au non-synchronisé. Quand on arrive à ce point, l’échange n’intéresse plus le bébé ce qui se traduit par moins de sourires. Le bébé est donc conscient de la synchronisation des dialogues, à l’échange de rapports.

d) Évolution des échanges
La diversification et la complexification des jeux construisent des rapports de relation duelle ou dyadique (Relation triadique : à trois, mère, père, bébé. Le bébé reste attentif aux deux parents).
4 à 6 mois : l'attention de l'enfant vis à vis du monde et celle vis à vis de l'adulte sont dissociées.
6 à 8 mois : regards alternés entre l'activité de la mère et son activité propre.
8 à 10 mois : relation triangulaire ou triadique. Il y a attention conjointe : elle se porte sur l’objet, et sur l’attention que porte l’autre sur l’objet. C’est un état d’inter-subjectivité médiatisé par l’objet : transitivité secondaire (Trevarthen)
10 à 15 mois : possibilité de suivre le pointage de l’adulte, le regarde de l’adulte.

Activités sur l'objet : faire comme l’autre/avec l’autre (apprentissage imitatif). L’inter-subjectivité secondaire est à la base des conditions verbales : parler d’un objet (référence) et partager son attention sur l’objet.
Actions sur l’objet : dire quelque chose à propos de l’objet (prédication).

L'évolution des messages enfantins vers le signe linguistique se fait donc de la communication non-intentionnelle vers la communication intentionnelle. C'est à dire de l'indice vers le signe.

La communication non-intentionnelle
se fait par indices et non pas par des signes, mais est interprétable par l’adulte. D'ailleurs il y a une réponse de l’adulte qui va prendre petit à petit une valeur signifiante pour l’enfant, qui lui donne un sens aussi va-t-il pourvoir anticiper.
La communication intentionnelle se fait par des gestes et des mimiques qui acquièrent une valeur dans la régulation de la communication interpersonnelle, pour établir la relation, la poursuivre, la clore c'est à dire la fonction phatique
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Sasha
Invité



MessageSujet: Re: Acquisition du langage CM   Sam 8 Nov 2008 - 15:15

CM 3- 15.10.2008

[edit by will] Je remercie Sasha pour ces cours, j'en profite pour les mettre en page ^^
mais là je vais manger, je finis ça après Smile[/edit]

-Au début, les gestes et mimiques faits par l’enfant sont non-intentionnels- il s’agit d’indices de son état. Le commencement de l’intentionnalité, c’est les signaux qui visent la relation à l’autre.
-Un bébé n’est pas conscient que l’adulte est un agent qui peut l’aider à obtenir des choses- ceci vient à 2-4 mois.
Signaux intentionnels :
-Avant 8 mois, l’orientation des gestes et du regard n’est pas orienté vers l’adulte.
-À 8-10 mois : premiers gestes de demande (=signaux). L’adulte enchaîne ceci en répondant à des énoncés (gestes non-intentionnels). Apparition du pointage, des vocalisations, des actions sur autrui. « Proto-impératifs » ou « proto-requêtes » (BATES)- séquences complexes de demande- plusieurs gestes en succession pour arriver à un bout quelconque.
-10-15 mois : pointer vers un objet pour attirer l’attention de l’adulte (montrer)= « proto-déclaratifs »- construit la fonction référentielle chez l’enfant.
-Gestes symboliques :
-Ça commence à 1 an – évolution des mouvements corporels (expressionsymbole).
-Il y a reprise des gestes adultes, production de gestes iconiques. La capacité de création de signes iconiques, c’est la reproduction de la réalité, c’est des signes propres à l’enfant.
-Mise en place des pré-requis du langage (vocal, gestuel, etc.), pour :
-établir une relation avec autrui
-établir un échange voco-mimico-gestuel avec autrui
-partager un objet d’attention conjointe
-communiquer à propos de l’objet (manipuler, demander, montrer, représenter l’objet.)
Donc, quand l’enfant commence à parler, il a déjà beaucoup de compétences.

-Acquisition du système phonologique (linguistique) :
-Évolution des premiers sons à la maîtrise du système phonologique de l’adulte
-Perception: comment évoluent les capacités de discrimination? De traitement ?
-Production : comment l’enfant passe-t-il des « sons » aux « phonèmes » ? (Phonème= valeur distinctive¸ pas seulement phonétique).
1. Capacités de perception et de discrimination :
-Le nouveau-né différencie déjà [p] et [b], ainsi que d’autres sons. Par contre, discrimination sonore ≠ reconnaissance des phonèmes (Garnica+ Edwards, ’74)
-Sensibilité aux caractéristiques de la langue de leur entourage :
Langue connue vs. langue non-connue
Caractéristiques prosodiques (intonation)
Segmentation et pauses (Jusczyk): 6 mois- la langue maternelle est déjà préférée.
Appréhension progressive du système phonologique (Werker+Tess)
-6-8 mois- distinction des phonèmes différentes de l’hindi (t/ th) ; ça baisse en fonction de l’âge de l’enfant- il s’habitue à son propre système phonologique. Il s’approprie les distinctions pertinentes.
-Appréhension de la syllabe (comme unité de traitement) : distinction dissyllabe/ trissyllabe par les bébés, pas de différenciation du nombre de phonèmes.
-On reconnaît déjà le noyau vocalique, qui est porteur des variations acoustiques.

2. Passage des sons aux phonèmes
Il y a décalage entre la production et la réception- cela ne veut pas dire que le bébé confond certains sons et notions- c’est une coïncidence lors de la production- de signifiants, pas de signifiés.
a) Premières productions vocales :
-Sons non-contrôlés : sons différents- le conduit vocal du nouveau-né est différent- le pharynx est non-développé, la langue est plus grande (chez le nourrisson) :

2-5 mois : vocalisations en position couchée- sons du larynx et sons vélaires
4-5 mois : variations de l’hauteur et de l’intensité, jeux vocaux- friction, bilabiales roulées, voyelles prolongées, quasi syllabes.

b) Le babillage : séquences de syllabes répétés
-Influencé par la langue maternelle
-Maîtrise des sons et appréhension de la dimension langagière
Surdité- langage des signes- babillage gestuel, mode signifiant
-Babillage possède les caractéristiques de la langue cible (ex. voyelle). La fréquence fondamentale chez l’adulte et l’enfant de la même langue sont similaires
-Le schéma syllabique est similaire à la langue maternelle : ex. CVCV à 75%

Il y a deux types de babillage :
Canonique (6-7 mois): une séquence CV rédupliquée- majorité d’occlusives, voyelles ouvertes
Varié (plus tard) : séquences syllabiques plus complexes, plus grande variété de voyelles. Pas de
mots reconnaissables, séquences sonores compliquées.
-Quelle continuité existe entre le babillage et les premiers mots ?
Position de Jacobson: discontinuité, réduction de l’inventaire des mots. Le bébé produit des babillages dans tous les sons production phonologique spécifique (années 60)
Position moderne : distribution similaire CV, mais ensemble plus simple, plus d’occlusives, plus de labiales dans le babillage que dans les premiers mots. Il y a continuité et réorganisation.
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Emilie
Invité



MessageSujet: TD   Ven 4 Déc 2009 - 19:01

Beaucoup de personnes ont un dossier à rendre.

Connaissez-vous Phonetik?

Phonetik est un éditeur de texte qui incorpore un clavier phonétique.
Il est obligatoire afin de pouvoir l'utiliser, d'installer au préalable les polices Alphonetic et/ou Alphonetic GB téléchargeables dans le site suivant:



Le logiciel fonctionne avec les deux polices et permet de passer de l'une à l'autre, il est gratuit.

Marche pour Mac & Windows.

Quand écrire en phonétique devient un plaisir et un jeu d'enfant Smile

j'espère que ce logiciel aidera!

le site : pointecole.free.fr/phonetik.html

bon courage
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