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 Acqusition du langage -TD

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Clise
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Cursus : 2009
Date d'inscription : 20/02/2009

MessageSujet: Acqusition du langage -TD   Ven 20 Fév 2009 - 9:39

Pourquoi pas se partager nos synthèses de nos travaux en acquisition du langage TD?

LENTIN L., 1972, (9° ed. 1982) Apprendre à parler à l’enfant de moins de six ans. Où ? Quand ? Comment ? (tome 1) ESF, Paris.

Apprendre à parler suppose une activité mentale permettant de faire correspondre un objet, un acte ou une pensée à une émission verbale. Un langage explicite, seulement par l’expression verbale est un des signes de la maîtrise du langage. Par ailleurs, l’enfant doit être capable de construire un échange : une production langagière du locuteur entraînant une compréhension de l’interlocuteur, et vice-versa. Apprendre à parler présente une imbrication de facteurs très variés. Dès la naissance, dans le cadre familial premièrement, le langage est échafaudé. L’arrière-plan socioculturel est déterminant. Puis dans la sphère de l’école maternelle, la pensée continuera de se former, et le langage se construira petit à petit. L’acquisition passe premièrement par l’imitation, elle peut être stimulée et renforcée par l’institutrice si besoin est.
Le rôle de la mère dans l’apprentissage du langage fera l’objet d’une première partie. Ensuite, l’aspect socioculturel, présentera les différences entre les enfants favorisés et les autres. Puis, la troisième partie expliquera que chaque enfant possède un certain type d’acquisition qui lui est propre, et que, par tous les moyens, il doit arriver à communiquer. En effet, les processus d’acquisition différents selon chaque enfant seront abordés. La pédagogie du langage qui souhaite tout mettre en œuvre pour permettre à l’enfant d’acquérir l’intuition de langage sera présentée. Enfin, l’aspect le plus important que représente la syntaxe constituera la dernière partie.


Avant sa naissance, l’enfant subit déjà l’influence de l’activité verbale de la mère puisqu’il perçoit sa voix. Il est sensible au son, au rythme, et à l’intonation de la voix de sa mère. Ce premier rapport à la communication est important. Puis, dès la naissance viennent deux conditions indispensables à l’acquisition du langage : parler à l’enfant et le laisser s’exprimer. Chaque enfant dispose de la faculté d’apprendre à parler. L’appropriation du langage émis par l’entourage permet de développer cette faculté. Les réactions et les initiatives de la mère orientent le bébé pour le choix de ses émissions vocales, encouragent à les exercer, et le stimulent pour ses nouvelles acquisitions. L’évolution langagière est alors tributaire de la qualité et de la quantité de langage mis à sa disposition. Selon l’auteur, l’action de la mère est qualifiée de linguistiquement pédagogique.


Lorsqu’un enfant rentre à l’école maternelle, il arrive d’un milieu socioculturel peut-être différent de celui ses camarades de classe. D’après L. Lentin, le pourcentage d’enfants d’école primaire rencontrant des difficultés durant une ou plusieurs années entre le CP et le CM2 est très important et s’élève à environ 50 à 60 %.
Un enfant appartenant à un milieu socioculturel défavorisé n’aura pas profité de la même expérience, la même éducation qu’un enfant venant d’un milieu favorisé. Le vocabulaire de l’enfant se réfère essentiellement à l’entourage. L’enfant défavorisé, à cause d’une mère elle-même plus ou moins en difficulté, se trouve dans un univers familial où il n’y a pas de place pour l’échange verbal. Seulement 20% d’enfants sont dits favorisés et ils représentent pourtant la norme. On parle d'handicap socioculturel car l'école transmet des valeurs propres à une seule et même culture. Ceci implique que dès l'école maternelle, il y a un modèle unique d’élève. C'est donc considérer que le fonctionnement mental de l'enfant ne peut être stimulé que par des exercices scolaires standards excluant la majorité des élèves.
Les recherches dirigées par des chercheurs comme L. Lentin, essaient d’explorer les processus d’acquisition du langage chez les enfants de moins de 6 ans (tout ce domaine était encore méconnu vers 1960). L’objectif de ces chercheurs est d’aider les enseignants de langue française à résoudre les problèmes rencontrés en classe. D’après L. Lentin, cette recherche passe par l’observation et doit se faire in situ.


La fonction principale du langage est la communication avec autrui. La communication est composée d’éléments verbaux et non-verbaux. Le non-verbal ou les éléments extralinguistiques donnent des informations riches en significations affectives mais ne sont pas obligatoires pour qu’il y ait communication. La place du non-verbal est très importante chez les jeunes enfants car ils utilisent des gestes symboliques par manque de mots. Le non-verbal peut aider l’adulte à comprendre les énoncés de l’enfant et vice-versa. La notion de qualité dans la communication est importante, cette notion joue un rôle entre l’enfant et l’adulte dans l’apprentissage du langage.
L’expression verbale peut parfois amener un quiproquo entre les interlocuteurs. Tous n’interprètent pas un discours de la même façon. Il peut y avoir des sous-entendus, des altérations de la communication entraînant malentendus, et parfois vexations… Ainsi, production et compréhension peuvent différer l’une de l’autre.
Il existe deux types de langage : le langage explicite et le langage implicite. Le langage explicite permet de transmettre un message sans référence directe à une situation présente. Ce type de langage est plus tardif car plus complexe pour un enfant. Il assure l’autonomie verbale de l’enfant et ses échanges vocaux avec l’adulte sont valorisés. Au contraire, le langage implicite est l’ensemble des mots émis en situation. Ce type de langage est utilisé en début d’apprentissage.


Les différents arrière-plans des enfants, ont une répercussion dans l’entrée dans le domaine éducatif. Chaque enfant progresse à son rythme, certains seront plus rapides à comprendre que d’autres. L’objectif de l’école maternelle est d’amener l’enfant à savoir parler, c’est-à-dire à posséder l’utilisation du langage explicite, par la seule expression verbale, avec la mise en place d’un échange.
Cette conception du savoir parler reste assez vague, elle supposerait que l’on connaisse la façon dont un enfant acquiert sa langue maternelle, pourtant, ce n’est pas le cas. C’est pour cela qu’il faut observer la période d’acquisition que traversent les enfants.


L’enfant doit mettre en adéquation un objet et sa représentation verbale. Il lui faut prendre conscience petit à petit des oppositions entre les choses, et ne plus les confondre. L’école maternelle cherche à développer les facultés de l’enfant, et non à lui apprendre des choses, elle part du connu pour construire vers l’inconnu, et cela en utilisant un langage simple. L’enfant n’apprend pas par corrections successives, mais par substitutions d’une forme à une autre, par hypothèses successives. C’est pour cela qu’il faut l’inciter à parler, pour ne pas corriger mais amener l’enfant à sentir ce qui est correct, en reprenant l’énoncé de l’enfant à son compte. Il faudra donc permettre à l’enfant de réaliser des tâtonnements au cours d’échanges verbaux multiples et variés.


Chaque enfant doit être stimulé individuellement et non seulement collectivement. Cela présente cependant une difficulté sensiblement aiguë à cause de la proportion trop élevée d’enfants en classe.


Il s’avère nécessaire d’adapter une grande réserve quand à l’interprétation de ce que dit l’enfant : on croit comprendre, mais on ne sait jamais ce qu’a réellement pensé l’enfant. Ensuite, il convient de ne pas avoir peur des nombreuses analogies de l’enfant. Il faut lui laisser le temps de réfléchir intérieurement sur le langage oral. D’autre part, l’enfant prend modèle sur ce qu’il écoute, et il sera imprégné du langage de l’institutrice qui à donc une responsabilité importante.

Le moment de langage collectif dans la classe d’école maternelle, autour d’un objet commun présente le moyen pédagogique le plus fructueux pour faire parler les enfants. Il faudra faire intervenir les timides, débloquer ceux qui sont bloqués et apprendre aux bavards à parler avec davantage de pertinence. Ce moment devra être régulier. Si l’appétit de langage sommeille, il faudra le réveiller. C’est-à-dire qu’un enfant en difficulté ne ressentant aucun besoin devra en arriver à éprouver l’envie pressante de parler, et s’y mettra spontanément. Pour aider l’enfant à éprouver du plaisir en parlant, il est nécessaire de se référer à sa vie personnelle, à un élément concret, ou à une activité ludique.


L'essentiel du système syntaxique de fonctionnement du langage s'élabore entre 2 ans ou 2 ans et 6 mois et 4 ans. Mais pour que l'enfant acquière facilement la fonction langage, il faut qu'il reçoive très précocement les matériaux nécessaires fournis pas la famille et l'école. L. Lentin montre ainsi que ses recherches ont pour but de favoriser le processus d'acquisition des premières structures syntaxiques complexes au moment voulu.
Des linguistes ont établi que le fonctionnement des articulations syntaxiques du discours s'installe avant la grande explosion d'acquisition du vocabulaire, avant une prononciation dans sa forme achevée, et avant même la correction grammaticale. Un langage explicite va alors s'installer, il est constitué d'un assez grand nombre de complexités syntaxiques, le langage est élaboré et syntaxiquement structuré, il va supposer une activité mentale différente, il s'agit de parvenir à la construction d'énoncés originaux, non attendus par l'allocutaire. De ce fait, l'utilisation de la complexité syntaxique permet l'intuition du langage, c'est-à-dire la faculté de distinguer le correct de l'incorrect en matière syntaxique, de séparer ce qui appartient à la langue de ce qui ne lui appartient pas, ce qui est utilisable dans l'un ou l'autre registre du langage oral, sans qu'il y ait encore réflexion grammaticale conscient sur la langue. Il semble alors que si le fonctionnement de ces articulations syntaxiques ne s'installe pas au moment voulu, après les premiers énoncés, alors le langage s’articule sur un petit circuit avec des phrases juxtaposées et très peu de subordinations. C'est pourquoi un enfant au langage comportant peu de complexités syntaxiques va savoir communiquer mais de façon à peine nuancée, ce qui ne lui permet pas d'avoir un langage et une pensée structurés.
L'enfant, au cours de son apprentissage, va beaucoup utiliser la répétition en écholalie, ce qui va être pour lui un excellent entraînement à l'imitation phonologique, à l'intonation, au rythme et à la mémorisation de vocabulaire ou de morphologie grammaticale. L'enfant va faire fonctionner inconsciemment le système qui lui permet de parler. Cela implique de sa part une démarche mentale complexe. Ainsi plus son système va être complexe, plus son élaboration nécessite attention, mémoire et capacités d'analyse.


Le contexte familial offre un bagage langagier plus ou moins consistant à l’enfant. En effet, certains enfants favorisés dès le départ auront plus de facilité pour acquérir naturellement un langage structuré, tandis que d’autres auront un rythme d’acquisition plus lent, et auront besoin d’attentions particulières de la part de l’institutrice. La mère, notamment a une influence importante sur l’activité verbale de l’enfant. Mais de façon générale, l’ensemble de l’entourage de l’enfant a un rôle prépondérant puisque parler à un enfant est la première condition indispensable à l’acquisition du langage. Cette appartenance à un milieu socioculturel spécifique entraîne des différences de niveaux entre les enfants dès l’entrée en école maternelle. Ces différences sont la cause d’un fort taux d’échec scolaire car elles ne sont pas prises en compte. Chaque enfant n’est pas considéré individuellement puisque les activités en classe sont organisées selon une norme: l’enfant idéal qui ne représente pourtant pas une majorité. Cet enfant idéal a acquis le langage parlé, le système syntaxique, il va donc être en possession d'une autonomie verbale créatrice, ce qui va lui permettre une accession ultérieure à la compréhension et à l'expression de tous les raisonnements et en dernier lieu de la pensée abstraite. A l’école maternelle, l’institutrice aura pour rôle de stimuler le langage des enfants qui parlent trop peu. Il faudra aussi que ceux qui n’ont aucune structure, et qui n’en ressentent pas l’utilité arrivent à acquérir un langage clair pour transcrire des pensées organisées. Des moyens pédagogiques seront utilisés pour permettre à l’enfant de s’exprimer librement pour acquérir suffisamment de connaissance. Le but sera de permettre à l’enfant de développer ses capacités pour pouvoir s’exprimer sans gestes, avec un langage explicite, et pour savoir construire un échange. Enfin, l’aspect le plus important du développement du langage, la syntaxe, permettra à l’enfant de complexifier sa pensée et donc son langage, en développant une intuition du langage qui lui permettra d’éliminer petit à petit les maladresses.

BYE
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